1/4 – Non à la guerre contre le Terrorisme

by L'Appel de Mongo

L’Appel de Mongo dit : 

Non à la barbarie de la guerre contre le Terrorisme

Plaidoyer pour une solution pacifique efficace

« Les armes appellent les armes, le sang appelle le sang ». Nous devons nous mobiliser fermement pour vaincre et résorber le terrorisme, mais pas par la violence armée qui depuis 2001 a prouvé que loin de le détruire, elle n’a fait que l’embraser et le propager dans des proportions toujours plus alarmantes.

A l’image de l’empire financier aux mains d’une oligarchie mondiale qui par la voix de la puissance médiatique voudrait nous faire croire que la crise financière est un bourbier de complexité inextricable qui ne peut être traité que par ses experts, cela de manière à en conserver le contrôle et les privilèges au détriment des peuples maintenus à dessein dans l’obscurité de ses procédés, nous affirmons que la « crise » du terrorisme gérée par les puissances d’en haut relève exactement des mêmes manœuvres.

De même que le brouillard de complexité financière a été créé et est maintenu intentionnellement pour masquer à qui profite le crime de la haute finance, la théâtralisation médiatique de l’inexorable montée d’un terrorisme incontrôlable aux ramifications inextricables sert à nous plonger dans la confusion afin de masquer ses véritables enjeux qui obéissent eux aussi aux intérêts de l’élite régnante. Mais tout comme il nous est possible d’aller au-delà du brouillard de complexité artificielle de notre système financier pour accéder à une vision claire de son (dys)fonctionnement de base, condition indispensable pour conduire l’humanité vers un pouvoir d’action et d’émancipation envers lui, il nous est également possible d’aller au-delà du brouillard de confusion qui enveloppe le terrorisme international pour accéder à une vision claire de ses causes profondes, condition indispensable pour conduire l’humanité vers une voie de résorption et d’éradication véritable dès lors que la racine du mal a bien été formellement identifiée.

Dans la série de ces 4 articles focalisés sur l’essentiel, nous éclairons tous les dessous cachés du terrorisme jusqu’à atteindre cette racine du mal. Nous affirmons que notre analyse s’appuie exclusivement sur des faits avérés, des réalités historiques incontestables, aussi bien que sur des enchaînements logiques et des liens de cause à effet qui ont un caractère de rationalité évidente. Nous affirmons que nous apportons la démonstration irréfutable que la guerre contre le terrorisme n’a aucune chance de le vaincre, parce qu’elle est avant tout destinée à se perpétuer afin de soutenir notre économie en déclin et maintenir l’élite au pouvoir par le contrôle accru des populations. Et sur la base de cette démonstration, nous affirmons que nous ne sommes pas impuissants devant le cancer du terrorisme. Mais pour cela, nous devons impérativement nous opposer à la volonté de guerre des puissances d’en haut par une mobilisation citoyenne internationale exigeant le recours à une solution pacifique qui est seule capable d’en venir à bout en faisant s’éteindre le feu de haine qui l’anime.

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1- La nécessité d’explorer la cause profonde du mal pour identifier le véritable ennemi | 2- La partie immergée de l’iceberg du terrorisme | 3- Comment la guerre contre le terrorisme a enfanté le monstre EI | 4- Remède d’urgence et traitement de fond | 5- Un troublant parallèle avec la Première Guerre mondiale.

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1- La nécessité d’explorer la cause profonde du mal pour identifier le véritable ennemi

Nous sommes entrés en guerre, dit-on, et la guerre est comme une maladie qui affecte le corps de l’humanité. Nous devons aborder le terrorisme avec l’œil d’un médecin avisé que recherche la cause profonde du mal en vue de lui administrer le remède approprié.

Mais les maladies ont rarement une cause unique, et plus encore les maladies chroniques (qui durent) auxquelles s’apparente le terrorisme international. Elles sont polyfactorielles tout comme les guerres sont polyfactorielles : ce n’est jamais un unique Hitler incarnant tout le mal mais un ensemble de facteurs, d’engagements, d’intérêts concomitants qui ont permis l’éclosion du cancer hémorragique de la Seconde Guerre mondiale.

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La cause apparente et immédiate qui nous saute aux yeux situe l’origine du mal dans cet État islamique (EI/Daech) qui a revendiqué les attentats parisiens. Sa stratégie de communication hollywoodienne ultra-violente sur Internet qui vise à attirer des recrues en stimulant une haine viscérale de l’Occident enfonce encore le clou dans ce sens. Il n’y a guère de doute que nous sommes confrontés à un mouvement fanatique extrémiste qui utilise les ressorts d’un Islam intégriste dévoyé pour se structurer et gagner en pouvoir en cherchant à séduire les peuples meurtris, massacrés, exploités et réduits à l’impuissance par la force de guerre des États prédateurs occidentaux qui s’exerce au Moyen-Orient depuis un quart de siècle.

Voilà donc l’ennemi tout désigné qui est bien réel dans sa volonté de fomenter des attentats terroristes sur nos territoires préservés, et en première analyse, nous avons l’impression qu’il suffirait de détruire la tumeur d’EI en lui livrant une guerre totale pour éradiquer le mal à sa racine et être débarrassé de la menace terroriste. C’est en tout cas la voie dans laquelle s’est engagé le gouvernement, soutenue massivement par l’immense majorité des médias, presse écrite comprise, sans réaliser qu’il s’agit d’une réponse démagogique superficielle et infantile qui tombe en plein dans le piège tendu par la provocation des attentats.

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Car en réalité EI n’est que la partie émergée d’un gigantesque iceberg générateur de terrorisme. Détruire EI par la violence armée, c’est comme jeter un gros pétard sur un nid de frelons qui en exterminera certainement une majorité mais dont les rescapés feront des petits qui seront encore plus déterminés à planter leur dard de haine sur ceux qui leur auront envoyé le pétard. Détruire EI par la violence armée, c’est comme éradiquer une tumeur cancéreuse par l’agression chirurgicale qui meurtrit le corps sans tenir compte du terrain, des causes profondes stimulant la production cancéreuse qui est alors inexorablement appelée à métastaser et repousser ailleurs.

Si nous voulons éviter l’engrenage infernal des métastases terroristes qui nous conduiront à une guerre totale dévastant le corps de l’humanité tout entière, si nous voulons vraiment nous donner les moyens de résorber le terrorisme, nous ne pouvons pas nous contenter de la propagande va-t’en-guerre des médias qui cherche à nous enfermer dans une réponse primaire irréfléchie qui ne fait que jeter de l’huile sur le feu. Nous devons au contraire impérativement examiner la maladie en profondeur, au niveau de la partie immergée de l’iceberg, là où se cachent les causes bien plus actives et déterminantes du terrorisme, de façon à identifier les véritables racines du mal qu’il nous faut combattre pour parvenir à une guérison réelle et durable.

2- La partie immergée de l’iceberg du terrorisme

Ici nous accédons à la couche d’informations souterraines que masque le cri de guerre de nos médias de masse mais qui circulent abondamment sur la Toile et les réseaux sociaux. Nous nous limiterons aux faits irréfutables revendiqués par des personnalités qui jouissent de la plus haute crédibilité et que l’on pourra difficilement taxer de « complotiste ».

Dominique de Villepin est un des rares hommes politiques à plaider pour une solution diplomatique tant selon lui la guerre au terrorisme ne fait que l’amplifier. Il déclare qu’EI est l’enfant monstrueux de la politique occidentale, les foyers terroristes ayant été multipliés par 15 depuis 2003, année où Bush a envahi l’Irak pour mener sa guerre totale contre « l’axe du mal ». Marc Trévidic, ex-juge d’instruction au pôle antiterroriste, ne dit pas autrement en précisant qu’on ne peut pas d’une main combattre le terrorisme et de l’autre faire des affaires avec ceux-là mêmes qui financent le terrorisme islamiste. Alain Chouet, ancien chef du service de renseignements à la DGSE, souligne lui aussi que nous sommes alliés avec ceux qui depuis 30 ans sponsorisent le phénomène terroriste, de sorte qu’on s’épuise en vain à s’attaquer aux exécutants, c’est-à-dire aux effets du salafisme, mais pas à ses causes alimentées par l’Arabie saoudite et le Qatar qui financent armements et mosquées porteuses de leur idéologie djihadiste. On signalera encore le philosophe Michel Onfray qui dénonce catégoriquement les USA comme l’initiateur du terrorisme pour être le premier agresseur de l’Irak motivé par son avidité néocolonialiste, ou le bouddhiste Mathieu Ricard qui considère que le terrorisme est d’abord le sous-produit d’inégalités qui ne cessent de croître entre les continents.

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Concrètement, nous ménageons nos « amis » arabes richissimes qui sont des partenaires d’affaire dont nous sommes dépendants pour le pétrole, à qui nous vendons des armes pour des milliards d’euros tandis qu’ils placent eux-mêmes une partie de leurs milliards dans nos entreprises du CAC 40. Et en cela nous ne faisons que copier un comportement que les USA appliquent sans complexe à une bien plus grande échelle.

Rappelons que les familles Ben Laden et Bush étaient amies, dînaient ensemble, et que juste après les attentats du 11 septembre, quand tous les vols ont été interdits sur le territoire américain, seul un vol privé a été autorisé où voyageaient des membres de la famille royale Saoudienne et de la famille Ben Laden, fait officiel que la Commission d’enquête a confirmé. Il se passe que l’Arabie saoudite, tout en étant le principal soutien d’Al Qaeda, reste un partenaire économique qui a des placements financiers si colossaux aux USA qu’elle ne peut qu’être ménagée.

Mais il y a pire. Les familles Ben Laden et Bush étaient à ce moment-là et sont probablement toujours de grands actionnaires du groupe Carlyle, un des plus puissants fonds d’investissement de la planète portant initialement sur les secteurs militaires et pétroliers et ayant parmi ses conseillers des ex-dirigeants de la CIA. Or ce groupe a énormément profité financièrement des suites du 11 septembre, ce qui là encore est un fait avéré largement documenté. Il y a donc incontestablement une entente d’affaires entre les puissants de ce monde qui prime sur leurs oppositions apparentes, ces oppositions qui meurtrissent leur peuple mais pas eux quand elles sont de surcroît un moyen de stimuler une bonne guerre qui leur rapporte gros dès lors qu’ils ont placé leurs billes judicieusement.

Sous le regard de cette entente d’affaires, les jeux de pouvoir et les choix géostratégiques au Moyen-Orient prennent un éclairage plus consistant. On comprend mieux pourquoi les USA commencent par soutenir les mouvements terroristes quand ça les arrange ou qu’ils ne peuvent pas eux-mêmes engager leurs troupes, puis les combattent ensuite quand leur alliance est rompue en menant une guerre pour le pétrole convoité qui enrichit au passage grassement le complexe militaro-industriel. C’est ainsi que pour combattre l’URSS en Afghanistan, ils ont soutenu, formé et armé Al Qaeda qui était considéré alors comme la branche armée arabe de la CIA, avant que Ben Laden à sa tête ne se retourne pour mener son propre djihad contre l’Occident. Et de la même façon, ils ont soutenu, formé, financé et armé EI/Daech pour renverser Bachar al-Assad en Syrie, cet EI qui entre leurs mains est devenu un monstre incontrôlable à l’origine du massacre parisien, massacre pour lequel Obama a transmis ses plus « sincères » condoléances.

Ce soutien des USA à EI, s’il ne filtre guère des médias de masse, n’est plus qu’un secret de polichinelle largement confirmé par de nombreux témoignages d’officiels américains, sans oublier Obama lui-même qui le reconnaît ouvertement devant les caméras (plusieurs vidéos à l’appui sur Internet) avant de se rétracter quelques jours plus tard.

3- Comment la guerre contre le terrorisme a enfanté le monstre EI

Aujourd’hui, EI a conquis un territoire grand comme la moitié de la France sur une bonne partie de la Syrie et autant en Irak. Il est passé de 1000 combattants à plus de 30 000 en quelques mois grâce à sa communication Internet spectaculaire, aguichante et très professionnelle. Il bénéficie d’un armement de pointe considérable fourni par les USA mais aussi conquis à l’ennemi sur le champ de bataille. Il est assis sur une mine d’or noir qui le rend désormais autonome financièrement en vendant son pétrole en contrebande par la Turquie, avec l’aide des banques présentes sur son territoire qui se chargent d’opérer les transactions. Il ambitionne de ressusciter et propager le Califat islamique des origines et il règne sur les populations par l’exploitation et la terreur. A l’international, sa stratégie est d’essaimer des poches terroristes dans de nombreux pays pour les déstabiliser en semant le chaos par des attentats, cherchant ainsi à radicaliser le rejet et la haine des musulmans autochtones de façon à contraindre ces derniers à rejoindre le djihad du Califat.

La majorité des cadres dirigeants d’EI sont des anciens officiers de l’armée de Saddam Hussein qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’Islam. Beaucoup si pas tous ont séjourné dans les prisons américaines d’Irak où ils ont passé l’épreuve du feu de la torture sans craquer, ce qui les a désignés comme fiables et dignes de servir la cause. La violence de la torture, quand elle ne parvient pas à briser ses victimes, les transforme aisément en « psychopathes » sanguinaires vouant une haine infinie envers leurs bourreaux qui incluent ici tout l’Occident prédateur. De là à dire que cela expliquerait leur goût prononcé pour les mises en scène barbares imitant Guantánamo…

Quant à l’afflux de djihadistes qui se joignent à eux en provenance du Moyen-Orient, on le doit en premier à la force de guerre impitoyable du néocolonialisme occidental qui y sévit depuis 25 ans pour s’assurer sa part du gâteau, avec à son actif plus de 4 millions de morts en incluant l’Afghanistan. Mais c’est plus encore la seconde invasion de l’Irak en 2003 par les USA qui a contribué à générer des terroristes à l’échelle industrielle. A cause de l’épouvantable chaos qu’ils ont semé au nom de l’instauration de la démocratie ; à cause du plus d’un million de morts dans la population irakienne, majoritairement des civils, pour seulement 5000 soldats américains tués ; à cause de la destruction initiale des infrastructures par le pilonnage incessant des bombes, de la ruine et misère d’un peuple continuellement frappé par la violence et l’insécurité ; à cause du ravage des drones provoquant une moyenne de 90 % de dégâts collatéraux (soit 9 civils innocents tués pour 1 terroriste avéré) ; à cause des emprisonnements et tortures de masse arbitraires, des perquisitions sauvages, de l’absence de procès et de l’impunité totale accordée aux soldats US pour tous les meurtres commis ; et en dernier ressort, à cause de la complicité silencieuse de l’Occident à travers notre indifférence glacée pour cette boucherie qui se passe loin de chez nous et que nos médias de « libre expression » masquent soigneusement depuis le commencement alors que nous en portons la plus grande responsabilité.

Après un tel traitement qui broie et brise tout un peuple juste pour s’assurer notre main mise sur son pétrole et ses emplacements géostratégiques, comment pourrait-on s’attendre à autre chose qu’une montée de haine brûlante qui n’attend plus qu’à être récupérée et canalisée par le premier groupe djihadiste suffisamment puissant et structuré pour s’engager à combattre l’oppresseur ?… Et c’est alors que le sang appelle le sang, que la barbarie répond à la barbarie. Et c’est encore et toujours la population civile la plus faible, non-armée et non-combattante, qui est la première à en subir les tourments.

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Comme si ça ne suffisait pas, à cela s’ajoute le plus grand tour de force des USA qui est de parvenir à utiliser et manipuler cette énergie de haine des groupes terroristes pour servir leurs intérêts. Ne disposant pas de mandat de l’ONU qui leur permettrait d’envoyer leurs propres troupes contre Bachar al-Assad, ils ont utilisé ces mercenaires djihadistes pour l’abattre, non pas parce que c’est un méchant tyran sanguinaire, mais parce qu’il est soutenu par la Russie où le véritable nerf de la guerre est un enjeu de pipeline gazier émanant du Qatar et nécessitant de passer par la Syrie. Et ces djihadistes leur restent toujours très utiles pour aggraver le chaos au Moyen-Orient en continuant de déstabiliser, diviser et affaiblir les nations de la région afin de mieux s’assurer leur contrôle. Il s’agit de mener un jeu de guerre perpétuel, jouant entre autres sur la rivalité atavique entre sunnites et chiites, où les alliances alternent au gré des intérêts changeants, avec en toile de fond un commerce d’armes perpétuel avec toutes ces nations plongées dans la misère de la guerre mais toujours aptes à payer grâce à leur pétrole.

Quant aux groupes djihadistes, eux saisissent l’opportunité du soutien logistique que leur offre le grand « Satan » étatsunien dans l’espoir de gagner des victoires et grandir en puissance, jusqu’à devenir assez forts pour pouvoir se retourner contre lui. Et c’est ainsi que l’Occident, USA en tête, a engendré le monstre EI qui nous échappe désormais.

4- Remède d’urgence et traitement de fond

Maintenant que nous avons examiné les ramifications de la tumeur EI au niveau de la partie immergée de l’iceberg du terrorisme, nous sommes déjà mieux éclairés sur le traitement de fond qu’il faudrait lui appliquer pour une guérison durable : arrêter d’alimenter la guerre au Moyen-Orient ; renoncer à notre ingérence néocolonialiste ; couper toute relation d’affaires avec l’Arabie saoudite et le Qatar. Sauf que nous voilà contraints de traiter d’abord l’urgence de façon à éviter autant que possible de nouveaux attentats meurtriers sur notre sol.

A cet effet, la France a « choisi » d’éliminer au plus vite la menace en bombardant les fiefs d’EI, tuant de nombreux civils innocents par d’inévitables dégâts collatéraux. Mais quitte à bombarder, pourquoi ne pas viser également la tête régnante de l’Arabie saoudite et du Quatar ? Au moins là, nous toucherions l’alimentation de la tumeur du terrorisme à sa source, mais bien entendu, une telle solution ne saurait être envisagée. Et quitte à bombarder, plutôt que frapper les villes qui tuent des civils, pourquoi ne pas détruire tous les puits de pétrole en possession d’EI ? De cette façon, il ne pourrait plus se financer pour acheter des armes, ce qui le réduirait rapidement à l’impuissance. Mais là encore, bien que quelques timides frappes se soient engagées dans ce sens, il ne saurait être question pour nos élites de détruire massivement cet approvisionnement en précieux pétrole.

Face à la solution des bombardements qui ne font qu’attiser la haine de ceux qui les reçoivent, il existe pourtant une alternative non-violente tout aussi radicale de traiter l’urgence : un embargo international immédiat contre EI interdisant de lui vendre des armes, d’acheter son pétrole de contrebande dont l’Europe est friande, et gelant ses avoirs et toutes les transactions financières de ses banques. Rien ne pourrait affaiblir plus rapidement la tumeur EI en l’asséchant. Et pourtant cette solution efficace, même si elle commence enfin à être considérée, est encore très loin d’être appliquée. Pourquoi ?

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C’est là qu’on découvre qu’au-dessus de nos gouvernements se trouvent les véritables puissances régnantes qui tirent les ficelles d’un conflit qui leur rapporte gros : les lobbies de l’armement, du pétrole et des banques. Pour eux, cette guerre déclarée à une nouvelle menace terroriste est d’abord un marché florissant qu’un embargo viendrait stupidement geler. Pas question donc de cesser de vendre des armes à EI, de ne plus acheter leur pétrole de contrebande, et de bloquer leurs juteuses transactions financières.

Qui plus est, outre une rallonge de 3,8 milliards € sur 4 ans, le choc des attentats parisiens a permis d’augmenter le budget militaire français de 273 millions € dans l’urgence et le consentement général, budget payé à crédit qui alourdit un peu plus la dette nationale et tombe en grande partie dans la poche de nos marchands d’armes tricolores. Il faut bien désormais faire la guerre pour justifier ce budget alors qu’un embargo l’aurait rendu inutile tout en permettant de concentrer nos forces sur la défense et la surveillance ciblée de notre territoire.

Et c’est là qu’on réalise qu’on n’a pas encore exploré le niveau le plus profond de la partie immergée de l’iceberg du terrorisme, un niveau qui nécessite de prendre du recul pour le percevoir.

5- Un troublant parallèle avec la Première Guerre mondiale.

Au début du XXème siècle, l’Europe qui est alors l’usine et le banquier du monde a répandu son Empire colonial sur tous les territoires disponibles de la planète. Toute l’Afrique est colonisée et devient un terrain de tension entre les grandes puissances européennes dans leur lutte pour s’approprier les matières premières dont leur industrie est toujours plus gourmande. En même temps, la machine industrielle est confrontée à une surproduction qu’elle ne parvient pas à écouler, surtout en Allemagne, conduisant à un risque de défaut de paiement des dettes qui inquiète également le monde financier. Dès lors se met en place une politique d’armement national qui permet d’écouler la production sidérurgique tout en fournissant de nouveaux débouchés aux autres industries, et accessoirement bien sûr, de nombreux emplois aux ouvriers. La montée en puissance de l’armement allemand est suivie par les autres grandes nations dont la France et l’Angleterre afin de maintenir l’équilibre des forces. L’arsenal militaire européen est doublé en quelques années, payé par l’emprunt aux banques.

De notre côté, en ce début de XXIème siècle, notre monde globalisé est confronté à une panne de croissance chronique alors qu’elle nous est indispensable pour payer les intérêts de nos dettes à l’empire financier et éviter une prolifération de chômage qui menace la stabilité intérieure des nations. Nous aussi, nous nous battons âprement dans nos néocolonies pour accaparer les précieuses matières premières dont nous sommes si dépendants pour faire tourner notre économie. Et de la même manière, nous utilisons l’issue de secours de la production d’armement payée à crédit pour maintenir artificiellement la croissance, nos dépenses militaires mondiales ayant doublé en 12 ans pour atteindre 1800 milliards $ en 2014. Les budgets pharaoniques que nous concédons à l’armement et à la surveillance sont « justifiés » par le climat d’insécurité mondiale dont nous devons nous protéger, mais ils permettent également de contenir l’hémorragie de chômage en fournissant des millions d’emplois à travers le monde.

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Au début du XXème siècle, le développement de l’arsenal militaire européen profite aux banquiers et aux industriels qui n’attendent plus que le déclenchement d’une guerre pour continuer d’accroître la production d’armement avec leurs bénéfices associés. Si des tensions existent déjà dans les colonies ainsi que dans les Balkans pour des enjeux géostratégiques, si c’est bien l’attentat commis à Sarajevo contre l’héritier du trône d’Autriche-Hongrie qui va mettre le feu aux poudres de la Première Guerre mondiale, il ne faut pas oublier qu’on la doit d’abord à l’immense propagande de guerre orchestrée des deux côtés de la frontière par les banquiers et les industriels qui possèdent alors tous les organes de presse. La haine du Boche présenté comme un monstre barbare et sanguinaire, associée à l’assurance d’une victoire facile et rapide contre l’ennemi, cette propagande imprègne si bien les couches populaires que les Français comme les Allemands ne demandent plus qu’à se jeter sur le champ de bataille pour venger la souillure faite à l’amour sacré de leur patrie respective. Les rares pacifistes de cette époque, tel Jean Jaurès qui finit assassiné par un « déséquilibré », sont unanimement considérés comme des traîtres à la patrie ou des espions à la solde de l’ennemi, alors qu’ils sont les seuls à percevoir clairement les intentions des banquiers et des industriels. Et c’est ainsi que les peuples français et allemand, hypnotisés par la propagande des journaux, partent joyeusement à la guerre fleur au fusil, convaincus que toute l’affaire sera réglée en quelques semaines. Il leur faudra pourtant attendre 4 ans et une boucherie de 9 millions de morts avant de sortir de cette guerre qui les laissera complètement hébétés face à sa monstruosité et sa totale absence de sens. Mais si le chaos, l’incohérence, l’absurdité étaient bien sur le champ de bataille, ils ne l’étaient nullement dans la sphère supérieure des banquiers et des industriels pour qui la guerre qu’ils ont organisée et fait durer était une réussite totale répondant à un dessein parfaitement cohérent, un dessein qui a permis de démultiplier leur fortune sans qu’ils soient jamais inquiétés pour le crime des 9 millions de morts dont ils étaient les plus grands responsables.

De notre côté, en ce début de XXIème siècle, le monde financier et le complexe militaro-industriel sont les principaux gagnants des guerres actuelles qui à leurs yeux sont de simples marchés à développer dont ils font la promotion auprès des gouvernements par un très puissant lobbying. L’effondrement du bloc soviétique ayant fait disparaître le couple d’ennemis qui les faisait prospérer, ils ont favorisé l’émergence d’un nouvel ennemi dans la menace terroriste afin de relancer leurs affaires. Alors qu’une guerre frontale entre les grandes puissances nucléarisées serait contre-productive parce que potentiellement trop destructrice, la guerre contre le terrorisme n’a pas cet inconvénient : elle permet de déployer progressivement le marché de l’armement et de la sécurité en augmentant progressivement une menace terroriste qui reste sous contrôle. Cette élite régnante possède également tous les empires médiatiques qui sous couvert de divertissement martèlent la voix de leur maître. Ils stimulent ainsi constamment un sentiment de peur et d’insécurité dans les populations afin de justifier les budgets d’armement et les réponses guerrières primaires où la haine du Boche a été remplacée par la peur et la haine du Terroriste qu’il faut exterminer sans pitié. Et eux aussi annoncent des guerres rapides, préventives, propres, chirurgicales qui s’enlisent pourtant invariablement dans un bourbier ruineux inextricable et un immense bain de sang. Quant aux nouveaux pacifistes qui dénoncent leurs manœuvres, ces traîtres d’autrefois sont devenus des déséquilibrés « complotistes » ou « conspirationnistes » que la puissance médiatique est parvenue à décrédibiliser aux yeux des masses qui avalent sans sourciller leur propagande de guerre.

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Avec le recul historique, la propagande de haine contre le Boche et son équivalent en Allemagne nous paraît grotesque et démente, et nous donnons volontiers raison aux pacifistes de cette époque qui étaient les seuls à être lucides. En effet, s’ils avaient été écoutés par les peuples, si les soldats français et allemands avaient refusé de se battre pour engraisser les banquiers et les industriels, on en aurait peut-être fusillé quelques-uns mais la guerre n’aurait pas eu lieu.

Et qu’en est-il de nous ? Ne serions-nous pas capables d’avoir ce recul maintenant, tout de suite, afin de nous déshypnotiser de cette nouvelle manipulation de masse avant qu’elle ne nous dévaste elle aussi ? Car le bourbier dans lequel l’Occident s’est enlisé au Moyen-Orient ne relève de stratégies aberrantes et contradictoires qu’en surface, sur le champ de bataille, mais nullement au niveau des puissances supérieures qui tirent les ficelles dans l’ombre et pour qui ce chaos est voulu parce qu’il sert leurs intérêts.

La meilleure preuve ? Rappelons-nous la première guerre du Golfe quand tous les médias nous ont vendu l’armée du nouvel Hitler Saddam Hussein comme la 4ème puissance militaire mondiale. Rappelons-nous la coalition internationale de 600 000 hommes avançant dans le désert face à la 4ème armée la plus puissante du monde qui s’est désagrégée sans parvenir à toucher une seule de nos troupes. Et rappelons-nous enfin quand arrivés aux portes de Bagdad où il ne nous restait plus qu’à abattre le nouvel Hitler pour achever proprement cette guerre, à la surprise générale, l’état-major US décide de s’arrêter là en laissant le dictateur au pouvoir. Ils l’ont même autorisé à utiliser ses hélicoptères pour écraser sauvagement la résistance chiite et kurde irakienne qui s’était jointe à la coalition. Alors que l’opinion mondiale croyait naïvement mener une guerre pour instaurer une démocratie en Irak en le débarrassant de son régime sanguinaire dictatorial, dans les faits il s’agissait de maintenir en place ce grand rival de l’Iran tout en l’affaiblissant, perpétuant l’art de diviser pour mieux régner qui assure le contrôle des ressources du Moyen-Orient de notre puissance néocoloniale dirigée par Wall Street et les multinationales.

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lien pour signer pétition contre la guerre

 

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PAGE SUIVANTE

6- Le pouvoir de faire et de défaire les guerres aux mains de l’élite régnante

7- A qui profite le crime du Terrorisme

8- Le véritable mobile de la guerre contre le Terrorisme : Maintenir l’élite au pouvoir par le contrôle accru des populations et la stimulation artificielle de l’économie

9- Nous avons déjà un pied dans la 3ème Guerre mondiale

10- Appel au Djihad suprême

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L'Appel de Mongo


9 thoughts on “1/4 – Non à la guerre contre le Terrorisme

Danielle Lerond

Certains diront en discrédit que ce pamphlet pacifiste s’appuie sur une théorie du complot style Bilderberg, par exemple. Ils tenteront l’amalgame pour effacer de la conscience la réalité des faits dont vous parlez, et la justesse de l’analyse comparative que vous avancez… Ils tenteront aussi le sourire méprisant du « la paix? mais vous rêvez: l’homme est bien trop instable, mauvais et si peu habitué à penser! », mais ce sera parce que vous avez visé exactement là où il faut, là où chacun met son cœur et sa conscience en Culture, en intelligence partagée, riche de cette imagination collective propre aux nouveaux bâtisseurs de lendemains qui chantent…. Merci. Vous nous offrez là un outil argumentaire de belle facture!

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    L’Appel de Mongo

    Merci Danielle pour ce retour qui fait chaud au cœur. Mais nous ne sommes plus seuls à désirer ardemment la voie négociée d’une juste paix pour tous, non pas comme une utopie de doux rêveurs déconnectés de la dure réalité, mais comme une nécessité pragmatique des plus concrètes et urgentes face à l’embrasement irréversible d’une nouvelle guerre planétaire qui menace. Car nous sommes désormais tous dans le même bateau. Ne pas réaliser aujourd’hui que toute guerre revient à se tirer une balle dans le pied et à crever la coque du bateau, ce n’est rien d’autre que de l’aveuglement suicidaire. Et la bonne nouvelle, c’est que nous sommes de plus en plus nombreux à prendre conscience de cette impasse suicidaire.
    Les centaines de commentaires que vous pouvez consulter sur le site de la pétition en témoignent. Ils sont déjà un signe de ralliement populaire et de mobilisation citoyenne qui s’expriment au niveau de notre humanité partagée avec un cœur ouvert.
    Et ces commentaires sont comme des rayons de lumière, de conscience, de paix et de solidarité universelle qui se focalisent en un point de ralliement unique dans lequel nous pouvons d’ores et déjà venir nous nourrir pour y puiser l’énergie d’espoir et de confiance dont nous avons besoin pour mener notre combat.

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Farida Abdelka

Je tiens à vous remercier profondément pour cette information riche, claire, précise, limpide sur l’horreur de la situation que nous commençons à subir en Europe. Vous nous faites passer de l’autre côté du miroir médiatique qui nous enfume sur la question du terrorisme, et le moins qu’on puisse dire, c’est que vous dégagez la fumée!
La façon dont vous décortiquez la racine du mal est tellement surprenante. Jamais encore je n’avais vu le terrorisme sous cet angle, mais c’est soudain le bon angle où tout devient clair et cohérent, il ne reste plus aucune ambiguïté. C’est dur d’ouvrir les yeux sur la réalité de « l’horreur économique » alimentée par les puissants de la terre, mais c’est salutaire aussi. Car votre analyse rigoureuse débouche sur la lumière, sur l’espérance. On y croit à nouveau et ça fait tellement de bien!
Oui, vous êtes un vrai médecin de notre conscience collective aveugle et malade. Oui, votre diagnostic infaillible de la racine du mal débouche sur le véritable remède à lui appliquer. Et oui, c’est à notre portée, nous pouvons encore y arriver, ce monde n’est pas perdu.
Alors merci, merci de nous montrer la voie vers plus de lumière et d’amour. Je prie pour que votre message s’amplifie et réveille toujours plus de monde.

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Schmid Arthur

Je m’intéresse de longue date à la question du terrorisme international, j’ai lu pas mal de livres sur le sujet, et j’avoue que vous avez réussi à me surprendre par l’originalité de votre analyse. Enfin quelque chose de nouveau et d’extrêmement éclairant.
C’est la façon surtout dont vous l’intégrez dans le cours de l’Histoire de l’humanité, avec son rapport inéluctable à l’économie mondiale qui vous rend particulièrement pertinent. Vous nous offrez une vision résolument moderne qui regarde en arrière pour mieux voir ce qui nous attend devant nous si nous nous résignons à l’embrasement de la guerre comme seul palliatif à notre économie décadente.
L’issue que vous proposez par le recours au nouveau paradigme est si convaincante (sur le papier) qu’on a vraiment envie d’y croire. Espérons qu’elle se fera bientôt entendre d’une plus large audience, nous avons plus que jamais besoin d’une vision de lumière pour dissiper les ténèbres du terrorisme.

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Stern Joseph

De la lumière dans les ténèbres! Long mais parfait et profond examen de la réalité des racines du terrorisme. Information citoyenne à diffuser d’urgence pour nous éviter l’inexorable engrenage vers une 3ème guerre mondiale.

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Pingback: Mobilisation citoyenne pour la paix

Girard Francine

J’ai lu l’intégralité de votre analyse et la recommande à tous pour une véritable information citoyenne fondée sur la réalité des faits. Ce que vous avez révélé il y a un an et qui pouvait passer pour du « complotisme » a été depuis reconnu par les plus hautes autorités, à commencer par Trump et Poutine.
Que dire de plus sinon que vous êtes allé beaucoup plus loin encore en prédisant les prémices d’une 3ème guerre mondiale qui nous pend maintenant au nez, mais devant laquelle, à la différence de tous les autres, vous osez offrir une perspective de salut pour l’instauration d’une paix planétaire, véritable. Comme vous le dites si bien, elle est réellement envisageable à condition que nous tous, la conscience collective des peuples, nous ne laissons plus les élites s’en occuper en leur imposant notre volonté de paix contre leur volonté de guerre.
Bravo pour votre initiative que je soutiens à fond.

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Donatien

Bravo pour votre analyse courageuse et rigoureuse. Les faits restent les faits, et il ne fait plus aucun doute que le terrorisme de Daesh n’a pas poussé soudain de nulle part, mais qu’on l’y a aidé. Il a servi et continue de servir indirectement trop d’intérêts juteux au Moyen Orient.

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Ananda

Je vois que vous avez modifié votre pétition pour l’étendre à un appel à la paix plus global. Cet appel devrait susciter une mobilisation des citoyens qui à la différence des puissants sont les seuls à n’avoir aucun intérêt à la guerre, comme vous le dites si bien. Malheureusement votre appel est si peu entendu que c’est à se demander si le plus grand mal vient des méchants cyniques et cupides qui possèdent tous les pouvoirs, ou de l’indifférence des masses. Le génocide des Juifs n’a été possible que grâce à la complicité passive de l’indifférence des masses. Et cette indifférence criminelle semble bien plus forte encore aujourd’hui à cause de l’addiction au divertissement qui vampirise les consciences…

Il y a peu d’espoir dans tout ça.
J’ai lu votre manifeste sur la « crise » du terrorisme. Bien qu’il date des attentats parisiens d’il y a un an, il est plus que jamais d’actualité, malheureusement… Alors que vous donnez de la lumière et un espoir de vraie solution très crédible au bout de votre analyse… Mais combien vous entendent ? Si peu, et ça me désespère…

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