Une dette sans fin pour une croissance sans fin

Pour les tenants du Vieux Paradigme, donc pour l’actuelle oligarchie et tous les médias qui chantent inlassablement ses louanges, seule la croissance est vertueuse et son retour glorieux ramènera les beaux jours où nous pourrons enfin nous délivrer du poids de la dette en la remboursant.
Sauf que c’est un pur fantasme qui perdure depuis les Trente Glorieuses et qui jamais ne se réalisera. Peut importe que nous soyons en phase de récession ou de croissance, dans les deux cas la dette continue mécaniquement et invariablement d’augmenter sans jamais être remboursée.

La crise du coronavirus a engendré une récession mondiale qui est perçue comme une calamité. Pourtant ce n’est qu’une question de perspective, comme de choisir de voir le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein, qui est le choix entre une récession subie et une décroissance désirée. Or tant que nous la percevons négativement, il est impossible de reconnaître l’opportunité qui se cache en elle, et donc impossible de composer de façon positive avec elle.

L’Appel de Mongo rejoint le courant de la décroissance mais en allant un cran plus loin. D’abord il n’emploie pas le mot qui est négatif et restrictif et dont le gros défaut de communication est de transmettre une impression de repli en arrière. Car tout mouvement d’éveil de conscience et d’activisme citoyen novateur a besoin d’être porté par un élan pour aller de l’avant.
À la place de la décroissance, le livre invoque la culture des quatre richesses qui invite l’humanité à croître vers un niveau de richesse supérieur à la simple richesse matérielle. Dès lors que son bien-être matériel de base est satisfait avec un travail productif minimal, ce qui correspond à la plus basse richesse, elle est invitée à travailler à l’acquisition des trois richesses supérieures qui sont la richesse de bonnes relations humaines, la richesse d’une santé physique et mentale florissante, et la richesse suprême de la joie et de la paix intérieures.
Loin de convier cette humanité privée de travail productif à une vie d’inaction et de loisirs sans fin, la culture des quatre richesses ouvre devant elle un immense chantier de travail non-productif qui vise rien de moins que l’éradication de la négativité humaine, une éradication qui lui apportera l’enrichissement humain le plus fabuleux dont elle ait jamais osé rêver.
Mais pour pouvoir investir massivement dans ce travail non-productif qui ne créé pas de nouveaux marchés et ne génère pas de flux financiers, nous devons opérer une véritable révolution dans notre conception de l’utilisation de l’instrument monétaire. Cette révolution implique de cesser de lui attribuer une rentabilité financière supposée (tous les mécanismes spéculatifs) et un devoir de remboursement qu’il n’a jamais eu.
Elle dépendra alors de notre capacité citoyenne à nous réapproprier le pouvoir de création monétaire pour orienter les flux financiers et les principaux investissements en direction du bien-être de l’humanité toute entière.

Avec la crise du coronavirus, nous assistons à une explosion de la création monétaire de dette qui plonge la planète financière dans un abîme d’inconnu. Nul ne peut prédire aujourd’hui ce qui en sortira. Mais ces interrogations concernent la dimension technique de l’instrument monétaire qui est du ressort de l’ingénierie financière.
Elles s’adressent aux experts financiers qui se penchent sur le grand malade pour déterminer sa viabilité, son efficacité, sa capacité à rester opérationnel pour servir l’économie et la société. Elles donnent lieu à des débats techniques complexes où pas plus que les experts médicaux du coronavirus, ces experts financiers ne sont d’accord entre eux.
Les optimistes affirmeront que malgré ses grosses défaillances et l’incertitude extrême qui est devant nous, l’instrument est résilient et tiendra bon, que quelles que soient les secousses il y aura toujours une issue de secours pour nous en sortir. Et les pessimistes affirmeront le contraire, que l’on se rapproche de son effondrement final avec une catastrophe inéluctable.

Pendant ce temps, les Banques Centrales préparent discrètement leur transition dans le monde numérique des cryptomonnaies, dans une volonté d’éradiquer la monnaie papier tout en continuant à tirer à boulet rouge sur les cryptomonnaies qui leur font de la concurrence comme le bitcoin.
Mais quelles que soient les vicissitudes à venir de l’instrument financier, qu’on parvienne à le rafistoler indéfiniment, qu’il s’effondre ou mute profondément, il demeure l’expression indéracinable du système nerveux de l’humanité qui connaît des crispations régulières, des paralysies, mais qui finit toujours par se reconstituer et se réactiver.

L’extrême complexité de l’instrument monétaire plonge le commun des mortels dans un brouillard qui lui donne l’impression de n’avoir aucune prise sur lui, que c’est une réalité qui le dépasse et ne peut être traitée que par les experts financiers.
Un des grands défis de L’Appel de Mongo est de rendre accessible au plus grand nombre sa compréhension de base. Sans prétendre rivaliser avec les experts, il s’agit de faire la distinction entre la dimension technique de l’instrument financier dont la complexité nous enferme dans une sensation d’impuissance, et sa dimension politique qui concerne les choix d’utilisation de l’instrument décidés par les entités qui en ont le contrôle, une dimension qui elle n’a rien de complexe mais est extrêmement claire et simple.
Elle nous place devant un enjeu crucial qui nous révèle que là nous ne sommes pas impuissants, nous incitant à réveiller notre pouvoir d’action citoyenne dont dépendra notre sort dans les décennies à venir :
Allons-nous laisser indéfiniment une oligarchie financière s’accaparer le contrôle de l’instrument monétaire pour servir en priorité ses intérêts privés au détriment de l’intérêt général ? Ou allons-nous nous réapproprier le pouvoir de création monétaire pour surmonter les fléaux qui s’annoncent devant nous et nous donner les moyens d’engendrer un monde meilleur pour tous ?

mmTout partait du dévoilement de la véritable nature de la dette, car tant que l’humanité ignorait de quoi était fait le mur de sa prison, elle n’avait aucun espoir de s’en délivrer. La racine de la mystification reposait sur la croyance que sa dette principale, l’immense dette qui pesait sur les nations était de même nature que les dettes individuelles que l’on pouvait contracter où chacun reconnaissait qu’il était juste d’opérer leur remboursement. Mais la dette des nations n’était pas remboursable et n’était pas faite pour être remboursée, elle était uniquement faite pour que les peuples se relayant de génération en génération versent une rente perpétuelle à la puissance financière.
mmÀ la différence des individus, les nations étaient immortelles et pouvaient reporter le remboursement de leurs dettes indéfiniment dans le temps. Ce qu’elles faisaient en accumulant sans cesse de la dette dont elles se limitaient à payer les intérêts, c’est-à-dire ce qu’elles appelaient la charge de la dette ou le loyer de la dette à travers un impôt astronomique versé à la puissance financière par tous les peuples de ces nations sans que cela ne les soulage en rien du poids de cette dette. Par ailleurs, comme l’immense dette des nations constituait la plus grande part de la masse monétaire globale, si elles avaient eu la capacité de les rembourser, leur remboursement aurait détruit cette masse monétaire et donc tout l’argent qui était vital à l’humanité pour alimenter son activité économique.
mmLa dette des nations étant de la masse monétaire qui n’était pas destinée à être détruite, donc à être remboursée, elle n’avait de dette que le nom. En réalité elle était l’expression de leur utilisation de l’instrument monétaire. Ce qui signifiait que plus une nation était endettée, plus elle utilisait l’instrument monétaire à une haute capacité en payant un loyer correspondant à son utilisation. Ce qui signifiait que les peuples payaient un loyer perpétuel exorbitant à une minorité richissime d’entités privées pour utiliser un instrument monétaire qu’ils étaient en droit d’utiliser gratuitement, sans payer aucun loyer, puisque cet instrument monétaire que s’était accaparé la puissance financière en en faisant sa propriété privée était par essence, par nature, la propriété collective inaliénable des peuples.
mmPour mieux s’en convaincre, il suffisait de se rappeler que l’argent [richesse fictive symbole de la richesse réelle] n’était rien d’autre qu’une convention collective qui ne devait sa valeur qu’à l’ensemble de la collectivité aussi longtemps qu’elle lui accordait sa confiance pour représenter la richesse réelle. Si du jour au lendemain, l’humanité ne reconnaissait plus aucune valeur à la monnaie de dette créée par les banquiers et qu’à la place elle la mettait dans des coquillages, en un claquement de doigt l’instrument monétaire accaparé par la puissance financière ne vaudrait plus rien, toute son immense fortune s’effondrerait en poussière, tandis que c’étaient les coquillages qui acquerraient de la valeur. Rien ne pouvait davantage apporter la preuve que le pouvoir de création monétaire et de validation de tout l’argent existant demeurait à jamais l’attribution de l’ensemble de la collectivité comme son bien légitime inaliénable. (AdM vol II p122-123)

mmLa réappropriation du pouvoir de création monétaire par l’humanité au sein des peuples était l’unique moyen de venir à bout du monstrueux parasite de la puissance financière, un parasite qui dès lors qu’il ne pouvait plus pomper le sang de l’humanité était voué à une mort certaine.
mmL’instauration d’une monnaie de substitution ne présentait aucune difficulté pratique insurmontable. Elle réclamait juste la volonté collective de la mettre en œuvre. […] Les êtres humains étant par nature des êtres sociaux dotés d’un potentiel de partage et de participation qui ne demandait qu’à s’exprimer, en leur distribuant une base élémentaire d’argent à vie, c’était se donner l’assurance que même les plus démunis ne seraient jamais privés de la capacité d’exprimer leur potentiel de sociabilité. De la sorte, les échanges entre toutes les cellules du corps social seraient favorisés, ce qui ne pouvait que générer plus d’harmonie et de concorde en son sein, plus de solidarité et de bien-être collectif, autrement dit une bien meilleure santé globale. Et qu’était-ce donc que tout cela sinon de la richesse réelle ? Qu’obtenait-on là sinon un gain considérable de richesse réelle ?
mmProcéder ainsi relevait du bon sens le plus élémentaire. Ce bon sens n’avait cependant aucune chance de s’imposer tant qu’on restait prisonnier d’une conception spéculative de l’argent, c’est-à-dire tant qu’on considérait que l’argent n’était investi intelligemment que s’il rapportait plus d’argent, où la richesse fictive n’était judicieusement utilisée que si elle produisait plus de richesse fictive, ce qui était en soi complètement absurde. Mais dès que l’argent avait retrouvé son statut initial d’outil, d’instrument collectif au service de l’ensemble des citoyens, c’est-à-dire lorsque la richesse fictive avait pour unique fonction de promouvoir la richesse réelle, la perspective changeait du tout au tout. Car alors seulement la valeur de son utilisation se mesurait au bénéfice humain réel qu’elle apportait à la collectivité.
mmAvec de l’argent vidé de son pouvoir spéculatif, ce nouvel argent ne valait rien par lui-même, il n’était qu’un instrument potentiel de la richesse dont une base élémentaire pouvait bien être distribuée gratuitement à tous les humains puisqu’il était lui-même créé gratuitement à partir de rien. Ce n’était jamais que de la richesse fictive qui était mise entre leurs mains. Mais si l’utilisation de cette richesse fictive générait un profit humain bénéfique à l’ensemble de la collectivité, l’investissement portait ses fruits, il était tout à fait payant sans avoir besoin d’être rentable financièrement et encore moins d’être remboursé. Du moment que la richesse fictive, propriété collective des peuples, était bien au service de leur richesse réelle, l’outil remplissait parfaitement la fonction pour lequel il avait été conçu, et il n’y avait rien à lui demander de plus. (AdM vol II p131)

mm― Je vous ai instruit sur la création monétaire afin que vous puissiez comprendre comment elle a évolué et ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Car voyez-vous, cette révolution monétaire qui devait anéantir l’empire parasitaire de la puissance financière, Mongo a fini par l’accomplir! Oui, Mongo a procuré à l’humanité un nouvel instrument monétaire, et un instrument parfait, idéal! Il s’agit d’un instrument qui attribue à chaque citoyen du monde une part égale de création monétaire lui permettant de générer directement du crédit pour le distribuer selon son choix. Et maintenant que vous savez que la réappropriation du pouvoir de création monétaire par le peuple constitue un des piliers fondamentaux de sa délivrance, songez un peu au prodige que cela représente! (AdM vol II p150)

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