Intensification de la communication hégémonique des puissances régnantes

Avec la crise du coronavirus, on assiste à une radicalisation sans précédent de la bien-pensance ou pensée unique propagée par les médias oligarchiques. Alors que dans nos régimes démocratiques de libre expression, les grandes chaînes d’information sont censé présenter une tribune neutre et ouverte reflétant la volonté d’expression de tous les citoyens, toute expression qui conteste les directives ou vérités officielles décrétées sur le coronavirus s’en trouve radicalement exclue, mais aussi ouvertement condamnée comme pensée déviante relevant de la maladie mentale complotiste.

En s’arrêtant par exemple sur la question des vaccins, les sondages montrent que près de six Français sur dix sont méfiants ou hostiles vis-à-vis de la campagne de vaccination annoncée. Parmi eux, se trouvent de grands professeurs et d’éminents médecins qui font autorité dans leur domaine. Pourtant, aucun d’eux n’est jamais invité à s’exprimer dans la tribune démocratique de nos chaînes d’information, ne serait-ce que pour proposer un débat contradictoire permettant d’alimenter sereinement une réflexion commune, privant ainsi 60 % de la population du droit de voir s’exprimer leur opinion et leur préoccupation. À la place, tous ces médias “psychiatrisent” cette population comme s’il s’agissait de gens irrationnels et grégaires hostiles à la science qu’il faut rééduquer pour leur faire entendre raison.
Le résultat est que ces grands médias sont occupés à créer une véritable fracture schizophrénique de la population où tous ceux qui “n’entendent pas raison” se réfugient dans les réseaux sociaux où là seulement ils trouvent un écho et des informations alternatives sur leur préoccupation. La fracture entre ce qui se dit dans les réseaux sociaux et ce qui se dit dans les médias de masse continue alors de se creuser, avec une opposition de plus en plus extrême où dans un dialogue de sourds, chaque camp accuse l’autre de propager fake news et fantasmes en se renvoyant mutuellement la boule puante de la déraison et de la manipulation.

Mais cet amoncellement d’informations contradictoires qui se démontent les unes les autres finit par briser tous nos repères, nous faisant tourner la tête où l’on ne sait plus quoi croire. Il génère de l’anxiété et de la confusion qui en dernier ressort profitent aux puissances régnantes et aux médias dominants. Car en situation de crise les masses ont besoin de se rassembler autour d’un repère commun, d’une vérité officielle qui les soude en leur procurant un sentiment rassurant de cohésion et d’appartenance de groupe.

mmL’information spectacle fournissant à la fois le fantasme de réalité confortable que réclamait l’immense majorité, à la fois la réalité fabriquée qui servait les intérêts des puissances régnantes, ces deux réalités factices avaient fini par fusionner pour constituer une même mixture onctueuse aux vertus sédatives qu’avalait chaque jour avec appétit la conscience satisfaite du plus grand nombre. […] L’information spectacle savait si bien parler aux masses pour toujours leur plaire et leur être agréable, elle effaçait leurs contrariétés, annihilait la moindre velléité de confrontation avec soi-même, noyait dans l’œuf toute douloureuse remise en question. Aussi l’immense majorité la plébiscitait à nouveau. Et grâce aux petites voix discordantes des sites d’opposition marginaux qui parvenaient jusqu’à ses oreilles, la preuve lui était donnée une fois de plus qu’elle vivait bien dans un monde de libre communication où toutes les opinions avaient le droit de s’exprimer. Et dans cette cacophonie d’informations contradictoires dans lesquelles elle baignait en permanence, elle renouvelait sa confiance prioritaire dans l’information qui jouissait du plus gros audimètre, avec cette conviction profonde que l’information la plus répandue, la plus répétée et la plus approuvée par le plus grand nombre était également la mieux vérifiée, la plus fiable et la plus crédible. (AdM vol I p178)

mmDepuis tant de siècles qu’elle se l’était appropriée, l’élite régnante ne connaissait pas de meilleur instrument d’asservissement du peuple que l’information spectacle. Sa puissance d’adhésion unique résidait dans sa formidable capacité à se déguiser en carrefour de communication ouverte où la couleur de la neutralité et de l’objectivité était la règle. […]
mmDe même que les débats contradictoires qui tournaient le plus souvent à la foire d’empoigne pour le plus grand plaisir des spectateurs, les critiques de contestataires leur étaient tout autant indispensables. Avec un métier avéré, l’information spectacle se contentait de briser leur crédibilité en accentuant subtilement l’aspect péjoratif de ces opposants aux voix discordantes, les présentant comme des farfelus, ou bien des agités, des désaxés, en tout cas toujours comme d’irréductibles marginaux. Car tout ce qui pouvait se dire ou s’apprendre dans la mixture onctueuse de la réalité fictive n’avait en définitive aucune importance. Seul comptait que sa composition de base demeure inchangée, assurant un débit constant. Autrement dit seul comptait l’orientation du flux d’actualités, de l’énorme masse circulante d’informations qui restait immuablement dirigée vers les intérêts des puissances régnantes. Un événement en chassait immédiatement un autre, rien ne pouvait être arrêté, retenu dans ce flot incessant d’actualités. Dès lors la seule chose qui imprégnait les esprits était cette orientation constante du flux qui se chargeait jour après jour, année après année, de façonner les consciences en les établissant dans l’intime conviction que la communication hégémonique qu’on leur imposait n’était autre que le spectacle vivant de la réalité. (AdM vol I p181)

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