La pandémie annoncée de longue date

mmLe comportement d’autruche de l’humanité lui était venu graduellement. Il avait débuté avec les plus nantis de la planète, constituant la première société qui avait décidé de s’établir sous la surface de la terre dans l’intention de se mettre définitivement à l’abri des dangers du dehors. Sévissaient alors des guerres qui faisaient un usage intempestif d’armes chimiques et bactériologiques […] Toutefois ces fléaux restaient limités aux zones de conflits qui n’affectaient pas la majorité des humains dont la sécurité n’était pas menacée. C’est pourquoi dès les commencements, parce que la réponse était complètement disproportionnée, sans rapport avec un danger réel, le mouvement inauguré par la société la plus fortunée dans lequel allaient s’engouffrer les autres couches sociales avait obéi et obéissait toujours à une menace beaucoup plus fantasmée que réelle. Les gigantesques basses villes hermétiques que l’humanité allait se mettre à creuser siècles après siècles n’étaient commandées que par sa peur, et une peur fictive, sans fondement véritable. Rien d’autre qu’un fantôme la poussait à continuer de s’enfoncer toujours plus profondément dans les profondeurs de la terre pour accéder à une protection et une sécurité toujours plus grandes, dans l’espoir qu’elles finiraient par chasser et endormir définitivement sa peur. […] Quant aux maladies dévastatrices, c’était surtout aux abords des basses villes qu’elles faisaient des ravages. Mais dès qu’on s’en éloignait, les populations extérieures avaient fini par développer des résistances qui les immunisaient. […] Non, son véritable mobile restait la peur, la peur d’elle-même qu’elle redoutait de rencontrer au-dehors. (AdM vol I p174)

Dans L’Appel de Mongo, ce n’est pas toute l’humanité mais la moitié qui a choisi de vivre confinée sous terre à l’abri des microbes pathogènes, où elle passe l’essentiel de son existence devant les écrans, dans le monde virtuel des cubes gris. L’autre moitié, à l’image du village de Thomas présenté dans le premier épisode, vit en autarcie à l’air libre, déconnectée de la “communication universelle” imposée par les cubes, où elle préfère s’exposer aux risques du dehors plutôt que s’interdire de vivre… De là à y voir l’actuelle division de notre humanité entre les adeptes des masques et les anti-masques, il n’y a qu’un pas que L’Appel de Mongo franchit en explorant notre rapport à la mort.

Pour les confinés perpétuels établis sous terre, l’existence se réduit à une question de vie ou de mort, la mort étant le mal absolu qu’il faut combattre à n’importe quel prix, quitte à souffrir le martyre pour rester en vie coûte que coûte, ce qui a conduit cette humanité à faire des basses villes un lieu d’enfer pétri de peur et d’oppression. À l’inverse, pour les humains vivant à l’air libre, l’existence est d’abord une question de paradis ou d’enfer dans laquelle la réalité de la mort est acceptée. Puisqu’elle est inéluctable, imprévisible et à la fin toujours victorieuse, il est vain et absurde de se battre contre elle et d’en faire une ennemie. C’est au contraire en en faisant une alliée, en acceptant le risque de mourir que cette humanité du dehors ose vivre l’aventure d’une vie intense et digne d’être vécue.

La conjonction du livre avec la crise du coronavirus est trop frappante pour ne pas être mentionnée. Mais si elle se limitait à cela, elle resterait anecdotique, car le coronavirus demeure un épiphénomène qui finira par passer. Bien plus important est le profond ébranlement qu’il a provoqué à tous les niveaux de la société en révélant ses fragilités, ses contradictions, ses aberrations et ses dysfonctionnements de plus en plus marqués qui eux vont continuer d’augmenter. Et c’est là que le regard visionnaire de L’Appel de Mongo prend sa véritable consistance, parce qu’il entre en résonance avec ce profond ébranlement, comme s’il était connecté à la racine d’un mal encore enfoui dont il décrit l’émergence dans toutes ses ramifications.

Ne pouvant toutes les détailler ici, on s’en tiendra à suggérer les plus saillantes.

1- Une gouvernance de la peur

Alors que la peur est aveuglante, qu’elle est toujours mauvaise conseillère, c’est pourtant un discours de peur qui est propagé par tous les gouvernements. “Le virus tue”, “on a raison d’avoir peur”, mais comme le dit Jésus dans les Évangiles : “Quand un aveugle conduit un autre aveugle, ils vont tomber tous les deux dans un trou!”… lire plus

2- Intensification de la communication hégémonique des puissances régnantes

Avec la crise du coronavirus, on assiste à une radicalisation sans précédent de la bien-pensance ou pensée unique propagée par les médias oligarchiques. Le résultat est que ces grands médias sont occupés à créer une véritable fracture schizophrénique de la population où tous ceux qui “n’entendent pas raison” se réfugient dans les réseaux sociaux… lire plus

3- La toute-puissance de l’industrie de la maladie

Notre gouvernement a déclaré n’écarter aucune piste ni aucun moyen qui peuvent contribuer à résorber la pandémie. Or seule l’industrie médicale technoscientifique a été convoquée. Les médecines dites alternatives auxquelles plus de 40 % de Français ont recours parce qu’ils les trouvent efficaces ont été exclues et interdites de s’exprimer dans les médias… lire plus

4- La fin du travail productif

Pendant le premier confinement, alors que près d’un Français sur deux a cessé de travailler, nous n’avons souffert d’aucune pénurie ni blocage. Que tout fonctionne si bien à une si grande échelle avec si peu d’êtres humains au travail nous a montré à quel point les machines et les automates numériques ont envahi notre espace de travail productif… lire plus

5- Une dette sans fin pour une croissance sans fin

Avant le coronavirus, pour les revendications sociales, “les caisses étaient vides”, “l’argent ne poussait pas sur les arbres”, l’argument des contraintes budgétaires rendait irréaliste toute possibilité de donner plus d’argent. Puis avec l’irruption de la pandémie, du jour au lendemain, des centaines de milliards sont sortis des “caisses vides”, apportant la preuve que le pouvoir de création monétaire est sous le contrôle d’une oligarchie qui sert ses intérêts avant ceux des citoyens… lire plus

6- Entre complot et complotisme 

Dans le combat contre les forces occultes de l’humanité, le premier impératif est de réaliser clairement que le véritable complot de l’ombre ne se trouve pas à l’extérieur mais est à l’œuvre dans l’inconscience de chacun d’entre nous lire plus

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