Les raisons de l’effacement de l’auteure

      J’ai tout reçu du livre. J’ai reçu la grâce d’être connectée à une inspiration profonde qui m’a portée durant tout le processus créateur, souvent enivrée, et grandie au-delà de ce que j’aurais jamais pu concevoir. Il m’a fait vivre une aventure intérieure grandiose qui m’a conduite au tréfonds de mon être, me faisant traverser la peur et la noirceur la plus absolue pour découvrir au-delà la lumière et la paix intouchables qui résident au cœur de tous les êtres. Je suis sortie du livre dans la plénitude de l’être avec le sentiment du plus profond accomplissement.
      Mais j’en suis aussi sortie avec la certitude que je n’étais pas autorisée à en réclamer plus. Que m’attribuer son éventuel succès et une part des bénéfices serait un sacrilège qui me ferait perdre le lien sacré qui s’est instauré dans ma vie avec la Source de l’inspiration. Que ce serait une usurpation car je sais en toute vérité ne pas être l’auteure de L’Appel de Mongo qui n’est autre que cette Source de vie sans quoi il n’aurait jamais pu advenir.
     Aussi, lorsque j’ai pu le remettre entre les mains de l’association naissante de L’Appel de Mongo qui en dédiera tout le profit au bien-être de l’humanité, j’en ai conçu une grande libération. Car de cette façon, les bénéfices du livre reviendront bien à son véritable auteur, la Source de vie qui réside au cœur de tous les êtres. Et qu’ainsi la boucle soit bouclée.
mm– Sarasvati –

Dans le livre, un des créateurs de Mongo a sombré dans l’enfer de la démence pour avoir voulu s’attribuer la puissance créatrice qui s’exprimait à travers lui. Il s’agit là d’un avertissement très clair du risque d’inflation du Moi que rencontre tout artiste lorsqu’il est enflammé ou enivré par une puissante énergie créatrice. Pour avoir été exposée à ce danger de très près, Sarasvati affirme que ce n’est pas l’humilité qui motive son besoin d’effacement mais une mesure de protection pour s’épargner les souffrances d’une forme ou une autre d’arrogance spirituelle.
Car pour les lecteurs conquis par L’Appel de Mongo qui ont perçu sa richesse, sa lumière et sa profondeur avec tous ses niveaux de lecture intriqués, l’impression qu’il émane d’une vaste conscience éveillée est très forte. Or Sarasvati s’est toujours gardée de s’assimiler à cette vaste conscience. Tout comme le livre est bien plus grand qu’elle, la sagesse qui en émane est bien plus grande que sa propre réalisation qui ne saurait en aucun cas faire d’elle un maître spirituel. Ce qu’elle exprime en ces termes : “Sur le chemin de l’Éveil, ce que j’ai réalisé est une goutte, ce qu’il me reste à réaliser est l’océan”.

Dans le questionnaire du test d’évaluation, tous les lecteurs trouvent justifié l’anonymat de l’auteure ainsi que son désintéressement qui sans cela la mettrait en porte-à-faux avec l’esprit du livre.
Car le jeu de miroir continue de se déployer jusque sur ce plan-là, lorsque la véritable nature des créations anonymes des mongonastiques est révélée au milieu du volume IV. Le lecteur rendu à ce point pressent alors que le livre qu’il tient entre ses mains est lui aussi une création d’une mongonastique qui l’a doté des mêmes attributs et des mêmes fonctions.

mm― Aucun créateur n’a le pouvoir d’insuffler la vie à sa création. Si ces œuvres sont réellement vivantes c’est parce qu’elles sont nées de la Source : elles doivent leur vie à la Source qui est à jamais la seule et unique dispensatrice de vie. […] Un créateur authentique fait la volonté de la Source pas la sienne. Il obéit à la vision intérieure que lui commande la Source, quelle que soit la nature de cette vision et sans aucune préoccupation mondaine à l’égard de son résultat. La puissance de son geste créateur réside alors dans sa gratuité, dans son désintéressement, qui fait que l’œuvre qui se forge entre ses mains n’est pas déformée par un désir de plaire et d’en obtenir des louanges, pas plus qu’elle n’est contaminée par la crainte du rejet et de l’incompréhension. Son détachement envers l’œuvre provient de ce qu’il a abandonné tout profit à la Source dont il reconnaît qu’elle en est le véritable auteur, son unique obsession étant de ne pas trahir le commandement intérieur du maître bien-aimé de sa création, de lui demeurer aussi fidèle que possible. Il a ainsi conscience que toute la fausseté et l’imperfection qui entachent l’œuvre relèvent de lui-même, de la souillure de son propre faire, tandis que la beauté, la vérité et la perfection qui en émanent ne lui appartiennent pas parce qu’elles ne viennent pas de lui. Elles viennent au contraire de ce qu’il n’est pas intervenu, de ce qu’il n’a rien fait de lui-même précisément, elles viennent de ce qu’il ne s’est pas interposé à la volonté de la Source, qu’il s’est laissé faire en la laissant faire comme elle voulait à travers lui… Et c’est là tout le paradoxe : un créateur authentique ne fait rien de lui-même, il ne crée rien de lui-même. Il se contente d’être l’axe ouvert autour duquel la manifestation se focalise et collabore pour faire advenir une création nouvelle à travers lui. (AdM vol IV p184)

mm― Ces œuvres [d’art des mongonastiques] sont des instruments, elles fonctionnent et sont faites pour fonctionner. Quelle est leur fonction ? Comment fonctionnent-elles ?
mm― Leur fonction est de relier la conscience à la Source. Ces œuvres fonctionnent comme un champ de conscience unifié vibrant à une haute intensité de manière à ce que toute conscience entrant dans leur contemplation se trouve unifiée, harmonisée et élevée à leur haute vibration. […] Chaque création partage la même hérédité que son créateur, et tout comme leurs créateurs ont été un canal ouvert relié à la Source, ces créations le sont également : elles sont un canal de communication vivante émanant de la Source dans le but de nourrir la conscience… Depuis l’aube de l’humanité, c’est par le canal ouvert de ces créations authentiques que la beauté, l’amour, l’humanité, la joie, la paix et tant d’autres bénédictions ont commencé à advenir en ce monde et dans le cœur des êtres, c’est par cette ouverture que la Source a commencé à s’introduire dans le monde pour se révéler et se donner aux êtres. (AdM vol IV p 187)

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