riches (1)

1/[riches ; pauvres ; économie financière ; création monétaire]

argent fictifLe fonds qu’ils prêtaient étant fictif, le risque était fictif lui aussi. Tout ceci faisait partie du même arsenal de mystification qu’ils employaient pour renforcer la croyance en la solidité de l’argent qu’ils détenaient dans leurs coffres, cette croyance en de l’argent limité en quantité, rare et cher qu’ils ne pouvaient par conséquent prêter qu’avec précaution et parcimonie. L’invocation du risque financier leur servait en réalité d’alibi pour justifier les choix qu’ils faisaient dans leurs décisions de prêt, leur donnant ainsi toute liberté de diriger et distribuer l’argent là où ils le désiraient. Et comme ce qu’ils désiraient c’était affermir leur pouvoir en s’enrichissant sans fin, les riches qui ne pouvaient que les soutenir constituaient leurs alliés naturels, à l’opposé des pauvres qui eux représentaient une menace potentielle qu’ils devaient s’efforcer d’amoindrir. Il en découlait qu’il était bon pour les banquiers de continuer d’appauvrir les pauvres afin de les affaiblir, et de favoriser l’enrichissement des riches afin d’accroître la puissance de leurs alliés. C’est pourquoi ils prêtaient volontiers aux riches à des taux d’intérêt avantageux, prétextant l’absence de risque due à leur grande solvabilité, tandis qu’ils rechignaient à prêter aux pauvres considérés comme peu solvables et donc à risque, de telle sorte que lorsqu’ils daignaient quand même leur faire la faveur d’un prêt, ils leur imposaient de payer un loyer sur l’argent exorbitant en prélevant des taux d’intérêt très élevés. En contraignant les pauvres à leur acheter de l’argent au prix fort, cet argent fictif sorti de coffres fictifs pour un risque fictif mais qui leur était nécessaire pour vivre, les banquiers les enchaînaient durablement à eux en ayant l’assurance de les voir trimer de plus en plus tout en s’appauvrissant, condition indispensable pour que les riches de leur côté continuent de s’enrichir sur leur dos sans rien faire, sans travailler ni fournir aucun service à la société en contrepartie.

L’argent péniblement gagné par les pauvres à la sueur de leur front était inexorablement destiné à migrer dans la poche des riches oisifs, et ce qui dans le monde entier opérait cette migration, c’était le moteur diabolique de l’intérêt privé ajouté à la création monétaire.

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2/[riches ; richesse symbolique ; intérêt privé]

3/[riches ; économie de l’attention]

4/[riches ; frontière séparatrice]

5/[riches ; blanchiment de mauvaise conscience]


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