mort (6)

6/[mort ; paix]

paix de l'océan

La preuve de cette vérité se trouvait dans son Silence. Car son Silence n’existait pas à l’extérieur, il résidait au cœur de chacun pour être le noyau le plus intime de chacun. La vie et la mort passaient sur les êtres sans jamais affecter ce noyau. Quand tout était détruit, ce qui restait était ce noyau de l’être à jamais indestructible. Quand tout était détruit, chacun retournait dans le grand silence de l’être qui ouvrait au Silence de Mongo, son Silence de paix à jamais indestructible. N’était-ce pas ce qui lui était arrivé, à lui, Moyahm Shédid ? Il avait quitté les flots tumultueux sévissant à la surface de son être pour retourner dans sa profondeur, la profondeur silencieuse et immuable de l’océan. De là, depuis le fond de l’océan, toutes les tribulations humaines qui paraissaient si graves et si importantes à la surface perdaient leur consistance, car tous les rêves, les désirs, les espoirs et les tourments sans fin qu’endurait l’humanité se réduisaient à de simples vagues s’agitant à la surface, des vagues fugaces et éphémères qui ne brillaient qu’un court instant, s’élevant, s’enlaçant, s’étreignant, se déchirant et se fracassant avant de retourner se fondre dans l’océan de paix indestructible dont elles étaient issues. Et si à la surface tout n’était que chaos et guerres incessantes, il en allait tout autrement dans la profondeur où les myriades de vagues dévoilaient leur majesté cachée en se livrant toutes ensemble à une Danse cosmique qu’elles exécutaient à l’unisson en l’honneur de l’océan, offrant le spectacle fabuleux d’une création infinie dont la beauté et l’harmonie incommensurables n’étaient accessibles que pour l’œil de l’océan.

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7/[mort ; humanité ; transformation]


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