misère (5)

5/[misère ; croissance productive ; croquants]

La croissance s’est poursuivie, avec elle l’écart entre les riches et les pauvres s’est poursuivi, avec elle le malheur humain s’est poursuivi… On serait tenté de croire que passé un certain seuil de misère, lorsque le malheur est trop écrasant, la révolte ne peut plus qu’éclater. Mais ce serait sous-estimer la puissance des croquants qui avec pauvre devant la tvle culte de la croissance a aussi bien réussi à instiller le culte de l’intérêt privé dans toutes les consciences. C’est qu’en regardant chacun au fond des yeux, les croquants ne s’adressent qu’à votre seul désir, votre désir personnel, c’est-à-dire qu’ils ne s’occupent que de votre intérêt à vous, et une fois que les masses ont été conditionnées au culte de leur intérêt privé, quelle révolte pourrait en sortir quand la caste richissime des exploiteurs devient une source d’admiration pour les misérables eux-mêmes ? Comment pourraient-ils seulement songer à supprimer leurs privilèges quand ils ne font que les envier et les jalouser parce qu’ils rêvent tous d’être à leur place ?… Alors les humains se sont mis à encaisser un poids de souffrance de plus en plus lourd sans se révolter, à l’encaisser en l’intériorisant peu à peu jusqu’à ce qu’il fasse partie intégrante de leur propre chair.

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6/[misère ; économie de l’attention]


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