Le combat pour la paix avec une héroïne syrienne

by L'Appel de Mongo

PÉTITION

 

********

On l’espérait et c’est maintenant chose faite : l’odyssée extraordinaire de Yusra Mardini va être portée à l’écran. PETITION
Ce sera par le talentueux réalisateur Stephen Daldry à qui l’on doit Billy Elliot, le film qui a su conquérir tous les publics et qui a d’indéniables accointances avec l’histoire de Yusra, cette jeune réfugiée syrienne qui est parvenue à se qualifier aux Jeux Olympiques de Rio après s’être enfuie de Syrie dans les pires conditions.

« Yusra nous rappelle le coût humain de la tragédie (des réfugiés), déclare le réalisateur, et le courage incroyable, la persévérance et l’espoir d’une jeune femme qui lutte pour un avenir. Le rêve de Yusra de vivre en paix est l’histoire de notre temps. »

Gageons que Stephen Daldry saura rendre hommage à la grandeur d’âme et à l’héroïsme de cette toute jeune femme, et qu’à travers elle il touchera le cœur du monde entier sur le sort trop ignoré et désespéré des réfugiés, mais aussi sur la nécessité vitale de trouver une issue au développement actuel des guerres qui en sont la première cause.

********

Comme 5 millions de ses compatriotes à ce jour, Yusra Mardini s’est enfuie de Syrie, non pour profiter des richesses de l’occident et de ses allocations, pas davantage parce qu’elle serait une délinquante ou une dangereuse criminelle venue menacer notre vie confortable, mais seulement pour échapper aux ravages de la guerre, à sa terreur et ses destructions dans le frêle espoir de trouver ailleurs un asile de paix.

« Pour nous, le choix c’était de fuir et peut être de mourir en cours de route, ou de rester là et de mourir chaque jour. » Yusra

Partie avec sa sœur Sarah, elles ont fini par rejoindre un flot d’autres réfugiés aux abords d’une plage turque. Là, elles se sont cachées dans une forêt avec d’autres où elles ont attendu 4 jours sans manger jusqu’à ce que les passeurs leur donnent le signal d’embarquer dans un bateau pneumatique en direction de l’île grecque de Lesbos.
Elles sont parties à la tombée de la nuit avec 18 autres passagers sur un bateau prévu pour 6 personnes.
Le voyage devait durer 45 minutes, mais le moteur s’est arrêté au bout de 20, et c’est là que le bateau surchargé a commencé à prendre l’eau.
La noyade les attendait, annonçant la répétition d’un scénario tragique devenu pourtant toujours plus banalisé qui a déjà emporté 10.000 migrants tentant de traverser la Méditerranée.

Sauf que Yusra et sa sœur Sarah sont deux nageuses de compétition. Elles se sont aussitôt jetées à l’eau, et durant 3h et demie elles ont poussé le bateau à la nage dans une mer froide et agitée. Bientôt sommairement aidées par deux autres personnes qui les ont imitées, elles ont fini par atteindre la rive grecque où tous les passagers s’en sont sortis sains et saufs.

« J’aurais eu honte si les personnes dans notre bateau s’étaient noyées », dit-elle « Il y a des personnes qui ne savaient pas nager. Je n’allais pas rester assise à pleurer parce que j’allais me noyer. Quitte à mourir noyée, au moins je serais morte en étant fière de ma soeur et de moi. »

********

Mais s’ils ont échappé à la mort, ce qui les attendait sur l’île n’avait rien d’hospitalier.
« Là il n’y avait littéralement rien pour nous. Les gens étaient soupçonneux à notre égard et ne nous laissaient même pas acheter de nourriture dans les restaurants », se rappelle Yusra.
Ensuite, sa sœur et elle ont entamé un long périple de 25 jours à pied et en bus jusqu’à atteindre la Hongrie. Et de là un train les a finalement menées à Berlin où elles ont passé 6 mois dans un camp.

Puis le destin a voulu que les deux soeurs soient acceptées dans le plus prestigieux club de natation de Berlin où Yusra, qui pourtant ne s’était plus entraînée depuis deux ans en raison de la guerre, a réussi à se qualifier pour les JO de Rio.

********

Si elle n’a pas rapporté de médaille, elle a créé l’événement en faisant partie de la toute première équipe de réfugiés de l’histoire des Jeux Olympiques où elle aura tout de même gagné la compétition préliminaire, sans préparation et après toutes les épreuves qu’elle a traversées. A tout juste 18 ans, elle a montré au monde entier une capacité de résilience impressionnante, une force de détermination et un optimisme à toute épreuve, de sorte qu’elle est devenue un symbole de courage, d’espoir et de fierté pour tous les réfugiés.

Depuis, elle plaide la cause des réfugiés. Elle s’est exprimée aux Nations Unies ainsi qu’au forum économique de Davos.
Mais le plus important pour elle, c’est de préparer les JO de Tokyo de 2020 où elle veut gagner une médaille d’or.
Ce n’est pas un désir de gloire personnelle qui la motive, mais seulement la volonté de gagner pour l’équipe des réfugiés afin de faire entendre leur voix. Elle veut monter sur le podium pour qu’à travers elle les caméras du monde se rappellent le sort oublié des réfugiés victimes de la tragédie des guerres, elle veut par une victoire leur rendre leur dignité perdue, ainsi que leur foi en l’accomplissement d’une vie meilleure par-delà toute adversité.

1- LA CRISE DES RÉFUGIÉS : CE N’EST QUE LE COMMENCEMENT

Avec le film grand public de Daldry prévu pour 2019 et les JO de Tokyo de 2020, nul doute que dans les prochaines années nous allons entendre parler de Yusra Mardini à une bien plus vaste échelle.
Mais c’est aussi parce que d’ici là le problème des réfugiés sera malheureusement toujours plus d’actualité.

On sait déjà que la crise des réfugiés va continuer de s’accentuer, que les flots de migrants chassés par la misère et la guerre vont continuer de braver la mort pour tenter de trouver une vie meilleure dans nos territoires encore préservés parce qu’ils n’ont plus rien à perdre.
On sait que cet afflux de migrants en augmentation constante est une facteur d’instabilité sociale et politique qui va mettre toujours plus en péril nos intégrités nationales, où la solution de les accueillir tous à bras ouverts est aussi irréaliste et suicidaire que celle de durcir sans fin les frontières où séviront toujours plus de contrôle, de surveillance, de violence et d’inhumanité.

Face à ce drame des migrants générateur de toujours plus de tension et de souffrance, la seule solution réaliste consisterait à réduire ses deux causes principales que sont les inégalités planétaires et les guerres, mais on sait plus encore que c’est tout le contraire qui se profile à l’horizon.
D’une part les inégalités planétaires vont continuer d’augmenter, les riches s’enrichissant toujours plus au détriment des pauvres qu’ils appauvrissent toujours plus, et d’autre part les guerres en tant que sources de profits vont elles aussi invariablement continuer de se répandre.

Elles vont se répandre parce que notre économie productiviste mondialisée est incapable de penser d’issue en dehors de la croissance infinie et que cette croissance est en berne, cela essentiellement en raison des matières premières nécessaires à son alimentation qui elles ne sont pas infinies. Dès lors elles deviennent de plus en plus rares et chères, poussant les États prédateurs qui en sont les plus dépendants pour leur survie économique à les convoiter avec toujours plus de violence à grands coups de guerres soi-disant humanitaires ou libératrices pour s’assurer leur contrôle.

Les guerres vont également se répandre parce que face à une économie positive productrice de biens bénéfiques en saturation, l’économie négative de guerre et de surveillance est elle-même utilisée en relais pour soutenir artificiellement la croissance.
Depuis 2001 elle prend toujours plus de poids dans la balance avec un budget d’armement mondial qui a atteint le record de 1650 milliards de dollars en 2016. Quant au budget de surveillance, plus difficile à chiffrer en raison de données tenues secrètes, il suit le même développement astronomique. Des dépenses gigantesques qui poussent le reste du monde à les imiter, et auxquelles on peut encore ajouter l’édification de forteresses en plein essor pour contrer l’invasion des migrants et réfugiés.

Et enfin les guerres vont se répandre parce que l’élite richissime des 1% de l’humanité possédant la moitié des richesses planétaires reste la seule gagnante de cette situation mortifère, de sorte qu’elle a tout intérêt à la perpétuer pour préserver ses privilèges et son pouvoir.

2- LA GUERRE PERPÉTUELLE : DERNIER RECOURS POUR SOUTENIR LA CROISSANCE

Si on ne peut prédire aujourd’hui quelle forme va prendre le développement de l’état de guerre planétaire perpétuel auquel notre système économique dans l’impasse nous accule, s’il continuera de se répandre en tant que guerre larvaire contre le terrorisme international de façon à alimenter indéfiniment le marché de la guerre et de la surveillance tout en conservant un certain contrôle, ou bien s’il finira par déborder sur les grandes puissances en échappant à tout contrôle pour déboucher sur une 3ème Guerre mondiale plus explicite et dévastatrice, ce qui est certain et incontestable, c’est qu’il entraîne d’ores et déjà l’ensemble de l’humanité sur le chemin de l’enfer où en dehors d’une toute petite élite richissime, personne n’en sortira gagnant.

Ce qui veut dire que la crise des réfugiés n’en est qu’à son commencement, une crise dont on sait qu’aucune frontière, aussi dure et imperméable soit-elle, ne nous en protégera, car notre monde est devenu ce grand village global où tout est désormais interdépendant.

Ce qui veut dire que nous n’allons plus pouvoir indéfiniment afficher ce cynisme et cette inconscience qui consiste à nous réjouir de nos ventes d’armes dans des pays lointains comme facteur de croissance et d’emploi à l’intérieur de nos frontières, pour ensuite nous plaindre du déferlement de réfugiés frappant à nos portes pour échapper aux massacres que ces mêmes armes que nous vendons provoquent.
Ce qui veut dire que nous n’allons plus pouvoir continuer de bâtir et d’assurer notre prospérité sur l’exploitation des misérables et le malheur d’autrui dans des pays lointains : nous sommes déjà arrivés au point de rupture où la violence économique et guerrière intolérable que nous imposons hors de chez nous commence à nous revenir pour nous exploser à la figure.
Parce que si nous persistons dans cette voie égocentrique qui ne regarde que nos seuls intérêts limités, les guerres vont continuer de se répandre inexorablement, et tôt ou tard elles nous affecteront directement, tôt ou tard le sort tragique du peuple syrien et de ses 5 millions de réfugiés qui lui paraissait inimaginable il y a encore quelques années deviendra le nôtre également.

Pendant que la puissance d’envoûtement des médias oligarchiques omniprésents nous fait croire que  » la guerre c’est la paix « , autrement dit qu’il faut faire toujours plus de guerres aux méchants désignés pour aboutir à la sécurité et à la paix, les résultats depuis 2001 sont une augmentation constante de la menace et du nombre de ces méchants désignés.
Alors comment se fait-il qu’en 2017 nous en sommes encore à poursuivre aveuglément la même erreur stratégique qui aboutit au contraire de ce qui est officiellement attendu ?
La seule réponse qui doit finir par s’imposer est que ce n’est pas une erreur mais bien le but recherché afin de développer le marché de la guerre et de la surveillance qui est devenu le soutien incontournable d’une croissance économique mondialisée à bout de souffle.
Et pourtant ce but et ce soutien relèvent d’un processus suicidaire qui loin de nous mener à la prospérité, la sécurité et la paix promises, prépare l’enfer sur Terre pour le grand village global interdépendant que nous sommes désormais en nous entraînant tous dans la ruine et l’auto-destruction.

3- LA SEULE ISSUE A LA GUERRE : CHANGER DE PARADIGME

L’humanité du 21ème siècle va devoir mettre fin à la guerre sur Terre. Ce n’est pas une option mais une nécessité vitale dont dépend désormais notre survie. Et nous n’y parviendrons qu’en mettant fin à l’économie négative de l’armement et de la surveillance qui sert de support à la croissance, ce que seule une nouvelle voie économique génératrice de prospérité partagée sans croissance pourra accomplir.

Notre suicide collectif annoncé nous lance l’immense défi de sortir du vieux paradigme de la croissance infinie qui a toujours prospéré sur la guerre, pour entrer dans un nouveau paradigme sans croissance qui doit trouver dans la paix le moteur de sa prospérité.
Car autant le développement de la guerre perpétuelle marque le point terminal du vieux paradigme en tant que son ultime recours pour retarder son effondrement final, autant la conquête de la paix inaugurera l’entrée dans le nouveau paradigme.

Là est l’unique issue pour l’humanité, il n’y en a pas d’autre.
Alors ouvrons les yeux et réveillons-nous maintenant, tant qu’il en est encore temps.

Ouvrons les yeux sur le tournant clairement mortifère qu’a pris la croissance économique et qui est masqué par les médias de l’oligarchie parce qu’elle reste la seule et dernière à en tirer profit.
Ouvrons les yeux sur le brouillard de confusion et de complexité des guerres actuelles délibérément entretenu par ces médias pour masquer leur origine et motivation véritables.
Ouvrons les yeux au-delà des épouvantails qu’ils nous tendent pour voir la principale racine du mal qui les alimente tous.

Et ouvrons les yeux sur les alternatives à la croissance folle qui sont déjà bien réelles, mais niées et dénigrées par l’élite régnante afin de continuer à nous imposer leur moins pire des mondes possibles comme seul crédible et réaliste.
Ouvrons les yeux sur l’agroécologie partout en émergence sur la planète qui est porteuse de prospérité partagée sans croissance, et donc d’une véritable réduction des inégalités si nécessaire à l’équilibre mondial tandis qu’elle ne nuit qu’aux profits de l’élite et des multinationales.
Ouvrons les yeux sur notre extraordinaire créativité collective investie dans les énergies renouvelables qui chaque année deviennent plus performantes et meilleur marché et qui sont le vrai remède au développement des guerres pour nos ressources limitées.
Ouvrons les yeux sur les mouvements de réappropriation du pouvoir de création monétaire par la société civile qui sont décisifs pour nous délivrer de l’empire financier qui nous contraint à la croissance sans fin par l’esclavage de la dette.

Et ouvrons enfin les yeux sur la fin du travail qui est devant nous, parce que personne n’ignore que les machines vont le remplacer toujours plus pendant que le travail productif humain sera de moins en moins nécessaire pour assurer notre prospérité collective.
Ouvrons les yeux sur cette réalité inéluctable afin de préparer une autre société capable d’assurer la stabilité sociale indépendamment du travail disponible, cela en partageant davantage les richesses communes engendrées, plutôt que de continuer à vouloir créer des emplois coûte que coûte qui seront toujours plus nuisibles ou inutiles parce que toujours plus engloutis dans l’économie négative de la destruction et du superflu.

4- CRÉER LA PAIX SUR TERRE EST L’AFFAIRE DES CITOYENS

Mais soyons plus encore conscients que rien de tout cela n’adviendra si nous ne faisons pas du combat pour la paix la priorité des priorités.
Et un combat qui ne peut être mené d’en haut, par les institutions internationales situées au sommet de la pyramide de pouvoir, mais uniquement d’en bas, depuis la base de la pyramide par les 99% de l’humanité qui n’ont rien à gagner à la guerre.

Car n’oublions pas qu’aujourd’hui plus que jamais la haute finance veut la guerre, les multinationales veulent la guerre, les puissances d’en haut veulent la guerre, et les institutions internationales suivent le mouvement parce qu’elles sont toutes gouvernées d’en haut.
A commencer par l’ONU où malgré les bonnes volontés de paix qui la constituent indéniablement, c’est l’impératif de guerre qui l’emporte largement depuis sa création et qui l’emportera toujours, tant que ses membres permanents seront les cinq plus grands marchands d’armes de la planète.

Rappelons-nous que ce n’est pas l’ONU qui a mis fin à la guerre du Vietnam, mais uniquement une mobilisation citoyenne massive sans précédent.
Alors soyons plus que jamais conscients que c’est à nous, les citoyens ordinaires de la base de nous mobiliser pour imposer notre volonté de paix sur la volonté de guerre de l’élite régnante, parce que si nous ne le faisons pas nous-mêmes, personne ne le fera à notre place.

Pour y parvenir, nous devons commencer par surmonter notre sentiment d’impuissance à changer ce monde qui nous entraîne désormais sur le chemin de l’enfer parce qu’il condamne pour la première fois les générations futures à vivre plus mal que les précédentes.
Mais pour cela, nous avons avant tout besoin de croire en nous-mêmes, de croire en notre capacité de retrouver le chemin du paradis, ce chemin d’améliorer les conditions d’existence de l’humanité tout entière.
Nous avons besoin de reprendre contact avec la lumière de notre humanité qui est plus forte que les ténèbres. Nous avons besoin de retrouver la foi en notre pouvoir créateur, en notre capacité d’agir et de changer les choses pour le meilleur qui est plus forte que la fatalité.

Notre pouvoir créateur est ce qui nous a sortis des cavernes et il résume toute l’histoire de l’humanité comme un défi permanent posé par des fatalités que nous avons toujours fini par surmonter.
C’est notre pouvoir créateur qui nous a rendus maîtres du feu comme il nous a fait nous envoler dans le ciel alors que la fatalité nous clouait au sol. C’est notre pouvoir créateur qui nous a fait accomplir prouesse sur prouesse en repoussant sans cesse les limites du possible, en rendant possible ce qui était à chaque fois un rêve impossible avant nous.
Nous avons besoin de nous rappeler à la réalité de notre pouvoir créateur pour être plus forts que la fatalité de la guerre qui est devant nous. Nous avons besoin de croire en notre capacité à créer la paix sur Terre afin de nous mettre en mouvement pour l’engendrer tous ensemble, afin de rendre possible ce qui n’est encore présentement qu’un rêve impossible.

Et pour cela, nous avons grand besoin d’être inspirés par des êtres comme Yusra Mardini.
Car qui mieux qu’elle incarne la capacité à surmonter la fatalité de la guerre ?
Qui mieux que cette toute jeune femme symbolise la force de vie renaissante plus puissante que les forces de mort, la lumière de la confiance et de l’espoir plus puissante que les ténèbres du l’abattement et du désespoir ?
Qui mieux que cette combattante incarne la volonté de dépasser ses limites, la volonté indomptable d’accomplir l’impossible ?

5- CROIRE EN NOTRE POTENTIEL D’ACCOMPLISSEMENT POUR L’ENGENDRER

Lorsqu’un athlète bat un record du monde, une émotion profonde s’empare de nous. Notre conscience collective est touchée, comme si l’exploit impactait sur notre destinée commune en nous rappelant qu’aucune limite humaine n’est infranchissable. Là se trouve la force de contagion de l’exploit qui nous enthousiasme, nous grandit, nous galvanise, parce qu’il nous redonne confiance en nous-mêmes, confiance en ce pouvoir spirituel dont nous sommes porteurs qui peut vaincre toutes les adversités.

La jeune Yusra Mardini s’est promis de remporter une médaille d’or aux prochains JO pour nous ouvrir les yeux sur le sort tragique des réfugiés.
Bien qu’elle soit légèrement défavorisée par sa taille plus petite que ses concurrentes, nul doute que pour ce noble dessein elle est prête à y consacrer toute son énergie et sa volonté combative jusqu’en 2020.
Mais qu’elle parvienne ou non à obtenir cette médaille, ce qui est déjà certain c’est que son combat va bien au-delà des seuls réfugiés. C’est un combat pour la vie, pour la paix, pour un avenir meilleur et il s’adresse à nous tous. Il nous exhorte tous à nous relever, à nous redresser, à ne pas baisser les bras devant l’infortune de notre situation, quelle qu’elle soit.
Et c’est d’autant plus valable pour nous, les châtelains de la planète qui vivons dans notre monde protégé, plein de confort et de sécurité.

Car comment en sommes-nous arrivés à nous replier ainsi sur nous-mêmes pour devenir chaque jour plus indifférent à la détresse du reste de l’humanité ?
Comment pouvons-nous rester englués dans la torpeur de l’inaction et de la dépression, à nous engourdir dans l’opium du divertissement de masse, quand le monde s’embrase et que la maison de l’humanité qui est notre unique maison est en feu ?
D’où vient que nous ne réalisons pas qu’en fermant nos yeux sur la réalité douloureuse qui sévit au-delà de nos frontières et dont nous sommes en partie responsable, nous fermons aussi bien notre cœur qui nous condamne en tout premier ?
Car vivre avec un cœur fermé c’est vivre avec un cœur de pierre, et devenir aussi insensible que la pierre c’est être déjà mort.

6- LA LUMIÈRE DE L’HUMANITÉ EST EN NOUS

« Je m’appelle Yusra… mais en fait, je m’appelle « réfugiée. » C’est comme ça qu’on m’appelle moi et les 22 millions d’individus qui ont été contraints de fuir face aux persécutions, à la guerre et à la violence.

« En moyenne, nous passerons 20 ans en exil, avec toujours le sentiment confus de ne pas être d’ici, à attendre simplement que toute cette folie ait pris fin pour que nous puissions rentrer chez nous.

« Nous luttons pour étudier, travailler, apprendre une nouvelle langue, nous intégrer. Bien trop souvent, les barrières sont trop grandes, les chances contre nous. Mais nous devons faire pour le mieux avec cette réalité : être réfugié.
C’est notre combat, mais c’est aussi le vôtre. Car le problème des réfugiés ne disparaîtra pas, nous serons toujours plus nombreux. Pour que l’humanité puisse relever ce défi, elle doit apprendre à nous connaître pour ce que nous sommes véritablement.

« Quand les noyades en mer sont devenues habituelles et que notre souffrance à vos frontières est devenue chose banale, nous avons disparu de votre champ de conscience. C’est la violence qui a fait de nous des orphelins. C’est la guerre qui nous a transformés en parents terrifiés, prêts à tout sacrifier pour sauver nos enfants du carnage. Ce sont les persécutions qui nous ont contraints à abandonner nos foyers pour trouver la paix.

« C’est tout ça un réfugié. C’est ce que je suis. C’est ce que sont tous ceux qui composent cette population croissante de personnes qui n’ont plus de pays… Je suis Yusra, une réfugiée, et je suis fière d’œuvrer pour la paix, pour la décence et la dignité de tous ceux qui fuient la violence. »

********

L’horreur de la guerre n’est pas parvenue à tuer Yusra Mardini, ni physiquement ni intérieurement. Au contraire, elle l’a rendue intensément vivante et c’est en cela qu’elle nous est si précieuse. Elle incarne la vie naissante encore pleine d’idéal des nouvelles générations qui feront le monde de demain.

Cette flamme de vie pure qui la porte est le cadeau qu’elle nous fait pour nous rouvrir le cœur afin de renouer avec notre sensibilité d’être humain, le cadeau pour nous sortir de notre torpeur collective en nous rendant à nouveau intensément vivants.
N’oublions pas cependant qu’aucune flamme n’est invincible. Elle reste aussi fragile qu’elle est sensible. Prenons garde à ce que la flamme de Yusra Mardini ne finisse par s’éteindre elle aussi en ne recevant en retour que notre indifférence de pierre.

Mais cela n’arrivera pas.
Cela n’arrivera pas parce que la vie en nous ne le veut pas, parce que la vie en nous sera toujours plus forte que la mort.
Alors soyons dès à présent aux côtés de Yusra Mardini et de tant d’autres de sa trempe qui sont là pour nous inspirer à croire en un monde meilleur et à notre capacité à le mettre en œuvre.
Engageons-nous dès à présent dans le combat citoyen pour la paix.
Travaillons dès à présent à développer les fondations du nouveau paradigme sans croissance dont dépend notre survie.
Mettons-nous en route pour faire progresser la voie de la paix et résorber les inégalités planétaires.

Montrons à Yusra Mardini qu’elle ne combat pas seule pour la cause des réfugiés, mais que nous l’accompagnons dans son combat jusqu’au grand rendez-vous de 2020.
Pour qu’avec le coup de projecteur qu’offrira le film de Daldry, les prochains JO de Tokyo voient le triomphe d’une héroïne du combat pour la paix.
Et pour que sa victoire devienne aussi bien notre victoire à nous tous, notre fête à tous, en faisant entendre au monde entier que notre volonté de paix, de prospérité partagée et de solidarité entre les êtres qui fonde notre humanité est plus forte que tous les démons de notre suicide collectif annoncé.

*******************

Sur le même thème : Renversons la volonté de guerre de l’élite régnante par notre mobilisation citoyenne pour la paix


About the Author


L'Appel de Mongo


2 thoughts on “Le combat pour la paix avec une héroïne syrienne

Georges Yoram Federmann

Our Mother Sea, who is so blue,

May your Name be shared,

May I be reborn in your horizon,

May your will and your mercy accept me,

Give us today our Triton of the day,

As a trumpet of fame,

And not anymore as a coffin,

Forgive us our failures and our griefs,

as we forgive our torturers,

And do not submit us to quotas,

But deliver Europe from its fears and its strangleholds

Georges Yoram Federmann
Mai 2015

Répondre

Recherche

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

Social

Suivez-nous sur :

Newsletter

%d blogueurs aiment cette page :