fin du travail (3)

3/[fin du travail ; travail ; culture des 4 richesses ; qualité d’existence ; négativité humaine]

La résorption du travail productif que commandait la nouvelle société ne signifiait donc en aucune façon la résorption de l’activité humaine créatrice de richesse. En remettant en cause le travail productif exclusivement tourné vers l’acquisition des richesses matérielles, elle faisait éclater les actuelles limitations du travail humain pour y inclure le travail non-productif consacré à l’acquisition des richesses supérieures. En accordant la même valeur sociale à toute activité humaine créatrice de richesse humaine, elle supprimait la frontière du travail entre productif et non-productif, et la suppression de cette frontière ouvrait la porte à un immense espace d’accomplissement encore inexploité. Cet espace d’accomplissement, c’était un nouveau champ de travail qui s’offrait à l’humanité, un champ illimité qui du même coup mettait fin à l’impasse dramatique du chômage endémique qui gangrenait le monde.

Robot fin du travailOn savait que la société de la croissance contrainte par ses gains de productivité s’acheminait malgré elle vers la fin du travail productif, augmentant invariablement le nombre des inactifs en même temps qu’elle s’obstinait à défendre coûte que coûte le dogme intouchable du travail aux seules fins de maintenir en place les profits financiers. C’est pourquoi dans une telle société l’individu ne valait que par son travail productif. Sa valeur se fondant sur son identification au travail, s’il ne travaillait pas il ne valait rien. L’absence de travail l’excluant de sa participation à la société de la croissance, cette exclusion faisait de lui un parasite, un poids mort, un bon à rien. Tandis que dans la société de la fin du travail, c’était d’abord cette absurde identification au seul travail productif pour mesurer la valeur sociale et personnelle d’un individu qui était abolie. La culture des quatre richesses se chargeait de briser cette limitation artificielle en promouvant l’acquisition des richesses supérieures par un nouveau travail positif auquel tous pouvaient s’atteler dès à présent, un travail non-productif dont la valeur sociale était néanmoins indéniable puisque l’enrichissement personnel auquel il conduisait contribuait tout autant à l’enrichissement de la collectivité. Et là il n’y avait pas de chômage, pas de poids mort ni d’exclusion pour personne, car le travail était immédiatement disponible pour tous. Et qui n’était pas prêt à travailler pour s’enrichir véritablement ? Qui ne souhaitait pas s’accomplir pour améliorer la qualité de ses conditions d’existence ?

Alors, par un étonnant retournement de perspective, loin de convier l’humanité à une vie dchantier négativité humaine’oisiveté et d’indolence, c’était tout le contraire que lui proposait la société de la fin du travail. S’adressant tout particulièrement aux peuples surabondants qui continuaient de chercher leur bien-être dans l’accumulation sans fin de richesse matérielle, elle les invitait à cesser de travailler à l’acquisition d’une richesse qu’ils détenaient déjà à profusion pour se mettre à travailler là où ils étaient vraiment misérables, là où ils souffraient d’un vrai manque, d’une vraie carence. La société de la fin du travail montrait du doigt l’immense misère des conflits, des frustrations, des maladies, des peurs et des dépressions qui sévissait au cœur même de ces peuples pourtant tellement riches en terme d’abondance matérielle, parce que c’est à cette immense misère-là qu’elle proposait de s’attaquer en ouvrant un immense chantier où toute l’humanité était conviée à se mettre au travail, et un immense chantier qui visait rien de moins que l’éradication de la négativité humaine.

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