environnement (6)

6/[environnement ; coûts de production ; catastrophe ; exploitation]

Pressurer les travailleurs au maximum tout en les rémunérant au minimum, ce moyen déjà bien éprouvé de réduction de la charge du travail devait être poussé à son extrême aboutissement par le recours au travail forcé et à l’esclavage. Le besoin était tel qu’un nouveau marché se constituait, un marché aux esclaves, d’abord clandestin, puis de plus en plus toléré et accepté par l’ensemble des nations, parce que dès lors que ce marché les sauvait du naufrage en redonnant de la compétitivité à leurs entreprises, les considérations humanitaires ne faisaient guère le poids devant sa nécessité incontournable qui suffisait à ravaler les derniers scrupules. Quant aux autres moyens disponibles, ils se résumaient à éliminer tout ce qu’il était possible d’éliminer parmi les contraintes coûteuses qui étaient imposées de l’extérieur aux entreprises alors qu’elles n’étaient en rien indispensables à la bonne marche de la production. C’est centrale-nucleaireainsi que les quelques gardes-fous péniblement mis en place pour protéger les populations de leurs nuisances allaient passer à la trappe en sautant les uns après les autres. Et les entreprises qui avaient la plus grande marge de manœuvre pour agir dans ce sens étaient bien évidemment celles qui étaient soumises aux contraintes extérieures les plus coûteuses, c’est-à-dire les industries dont les émanations étaient les plus nocives, les déchets les plus toxiques, et qui étaient à très haut risque de catastrophe en cas d’accident. Puisant dans leur marge de manœuvre, ces industries rognaient peu à peu sur la sécurité, tandis qu’elles restreignaient toujours plus les mesures de retraitement de leurs déjections qu’elles finissaient par jeter dans les fleuves, les océans ou les décharges sans plus prendre la moindre précaution. Outre la recrudescence massive de l’empoisonnement des lieux de vie, la suppression graduelle des contraintes de sécurité les transformait en véritables bombes à retardement. Les dirigeants de ces industries ne l’ignoraient nullement, mais comme c’était pour eux une question de vie ou de mort, que c’était ça ou la faillite assurée, ça ou mourir, ils étaient prêts à courir les risques les plus insensés pour échapper à la mort. Des milliers de bombes couvaient alors de par le monde qui n’attendaient plus qu’un petit accident pour exploser. Et les accidents n’allaient pas tarder à se produire, une contagion d’accidents provoquant un déferlement de catastrophes industrielles semant la mort et la désolation.

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7/[environnement ; consommation ; gigantisme ; irresponsabilité]


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