environnement (1)

1/[environnement ; déchets ; empoisonnement]

C’était bien là le plus grand tour de force de la religion de la croissance que de pouvoir se perpétuer indéfiniment à travers les nuisances qu’elle générait. Car loin d’être affaiblie par ses nuisances, elle s’en nourrissait au contraire, ayant l’étonnante capacité de les récupérer pour en faire la base de nouveaux secteurs d’activité porteurs de croissance. La consommation de plus en plus boulimique des peuples produisait des montagnes de déchets d’où émergeait maintenant toute une industrie s’attelant à les éliminer et à les recycler, et la nuisance des déchets devenait vertueuse voitures par millionsparce qu’elle alimentait cette nouvelle industrie en plein essor, une industrie porteuse de croissance et donc pourvoyeuse d’emplois. L’inexorable extension de la ruche industrielle sur tous les territoires, conjointement à l’incessante prolifération et accélération des moyens de transport et de circulation des marchandises, requerraient toujours plus d’énergie et de ressources naturelles dont la consommation s’accompagnait de sécrétions nocives en quantités toujours plus vastes. L’impact de l’industrie humaine sur son environnement vital commençait à être si marqué qu’il parvenait à détériorer jusqu’au climat, provoquant des inondations, des sécheresses ou des ouragans sans précédent. Face à de telles catastrophes, des mesures avaient bien été proposées pour tenter de réduire cet impact dévastateur, mais c’était comme d’essayer de remonter à la nage un fleuve au courant puissant qui emportait tout sur son passage. Aucune de ces mesures, même les plus brillantes d’entre elles, ne pouvait tenir la montagne de déchetsroute pour la bonne raison qu’elles allaient toutes à contre-courant de la croissance, qu’elles étaient contre-productives, parce qu’elles alourdissaient fatalement les coûts de production, écueil insurmontable aussi longtemps que la survie de l’activité économique mondiale dépendait de l’écoulement ininterrompu des marchandises. En revanche, le fait que la terre, l’eau et l’air soient de plus en plus chargés de poisons créait le besoin nouveau de s’en prémunir, ce qui ouvrait le champ à une nouvelle industrie mettant en œuvre des procédés de purification pour ceux qui avaient les moyens de se les procurer, une industrie porteuse de croissance et donc pourvoyeuse d’emplois. Quant aux catastrophes naturelles de plus en plus violentes et meurtrières, elles rejoignaient la même logique de renouvellement de la production imposée par la guerre, cette logique de destruction accélérée qui permettait d’ouvrir rapidement de nouveaux chantiers de reconstruction porteurs de croissance et donc pourvoyeurs d’emplois.

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2/[environnement ; industrie agricole ; industrie de la maladie]

3/[environnement ; société de la fin du travail]

4/[environnement ; société des 4 richesses]

5/[environnement ; travail ; qualité des conditions d’existence ; misère]

6/[environnement ; coûts de production ; catastrophe ; exploitation]

7/[environnement ; consommation ; gigantisme ; irresponsabilité]


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