Dette (3)

3/[dette ; banquiers ; religion de la croissance]

À l’exception de la part dérisoire occupée par les billets de banque, l’essentiel de la monnaie existante était une monnaie d’écriture créée par la dette. De plus, elle ne tenait et n’était sustentée qu’au moyen de la dette, parce qu’à la différence des billets qui demeuraient permanents une fois créés, la monnaie de dette était une monnaie temporaire qui ne durait qu’entre le moment où l’emprunt était contracté et celui où il était remboursé. Le remboursement de la dette détruisant la reconnaissance de dette et par conséquent la monnaie, il était donc impératif que de nouvelles dettes soient sans cesse contractées en remplacement afin de conserver la même masse monétaire globale, c’est-à-dire la même quantité de richesse symbolique disponible dont la circulation était absolument vitale à l’humanité pour alimenter toutes ses activités. Ainsi la monnaie n’existait que par la dette, et les détenteurs de capitaux, tous ceux qui possédaient de l’argent ne le devaient qu’au fait que d’autres l’avaient emprunté. En comprenant bien que l’endettement permanent de l’humanité était indispensable au maintien de sa monnaie qui lui-même était indispensable au maintien de ses activités, on voyait mieux pourquoi l’augmentation de sa richesse matérielle s’accompagnait obligatoirement d’une augmentation de sa dette, puisque la masse monétaire chargée de représenter cette richesse matérielle augmentait obligatoirement avec elle. Et ainsi la monnaie de dette créée par les banquiers qui avait initialement permis l’essor de l’industrie grossissait au même rythme que la croissance productive mondiale en continuant de lui fournir les fonds fictifs que requérait son développement sans fin.

main humaine serrant la main du diable

alliance démoniaque

Entre la corporation des banquiers et la religion de la croissance, c’était plus qu’une connivence, c’était une alliance originelle inviolable. Elles étaient inséparables tant elles avaient besoin l’une de l’autre pour assurer leur prospérité mutuelle, tant elles étaient nécessaires l’une à l’autre. On savait maintenant que plus les banques avaient la possibilité de faire de crédits, plus elles créaient de monnaie de dette à leur profit, plus elles s’enrichissaient et plus elles grandissaient en puissance. Et de l’autre côté, plus les différents acteurs de la croissance productive pouvaient obtenir de crédits, plus il y avait de fonds fictifs en circulation pour stimuler et intensifier encore cette croissance. Dès lors la porte était grande ouverte sur l’offre de crédits où tout allait se mettre en place pour favoriser un endettement généralisé, aussi illimité en puissance que la croissance se voulait illimitée. Tous étaient incités à prendre des crédits dans le seul but de soutenir la croissance, les individus afin d’augmenter leurs actes de consommation, les entreprises afin d’augmenter leur productivité par le renouvellement de leurs investissements, et les nations afin d’augmenter l’ensemble des dépenses stimulant le pouvoir de vendre des entreprises à travers le pouvoir d’acheter des individus. Les crédits coulaient à flots, faisant monter le niveau de l’endettement collectif qui jamais ne redescendait, et lentement, insidieusement, chacun dans son coin était occupé à poser les briques du mur invisible gigantesque qui se refermerait bientôt sur eux tous pour l’avoir bâti tous ensemble.

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4/[dette ; banquiers ; pouvoir suprême ; création monétaire ; intérêt privé ; économie financière]

5/[dette ; création monétaire ; empire financier]

6/[dette ; intérêts composés ; masse monétaire ; économie financière]

7/[dette ; instrument monétaire ; monnaie de substitution ; empire financier ; tyrannie ; faillite]

8/[dette ; société des 4 richesses ; religion de la croissance ; décroissance]


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