Croquants (4)

4/{croquants ; perversion de la publicité ; fin du travail ; empire industriel ; négativité humaine ; ruine}

Pour une société qui avait fait le pas de s’engager dans la voie de la résorption du travail productif parce qu’elle voyait en lui la cause de sa misère et non de sa richesse, et une société qui en maîtrisant la circulation de sa richesse symbolique avait à présent les moyens d’assurer sa stabilité sociale sans recourir au travail, l’argument massue de la sauvegarde des emplois qui servait jusqu’ici à justifier le maintien des industries les plus criminelles à la source des profits privés les plus exorbitants ne tenait plus la route.

face d'homme au sourire diabolique

diabolique

En les privant de cet argument massue, c’était tout simplement la principale arme dont disposaient ces industries pour exploiter les masses qui leur était ôtée des mains. Et sans cette arme, elles pouvaient dire adieu à tout l’arsenal de mascarade qui avait été mis en place pour couvrir d’un voile de vertu leur nocivité foncière. N’apparaissait plus alors que leur poison qui ressortait en tout premier de ce qui constituait leur bastion commun, pinacle et maître d’œuvre de toutes les mascarades, l’omniprésente industrie des croquants. Elle qui pour cacher ses méfaits ne disposait que de l’unique vertu de pousser à la consommation au nom de la sacro-sainte préservation des emplois découvrait brutalement son vrai visage à la face du monde. Sa profonde malignité se trouvant dès lors exposée aux yeux de tous, c’en était fini de son règne corrupteur sur les consciences, et la fin de son règne signait la fin de toutes les industries de l’inutile qui ne tenaient que grâce à sa puissance d’envoûtement.

Délivrée de la malédiction des croquants, l’humanité se trouvait délivrée de la gigantesque pression sur la consommation. La quantité faramineuse de produits investis d’affects fantasmatiques perdaient leur attrait, le superflu rendu artificiellement indispensable cessait de l’être, avec pour conséquence une hécatombe de fermetures d’entreprises suivie d’une hécatombe de suppressions d’emplois. Ce qui pour la société de la croissance était une situation catastrophique devenait une bénédiction pour la société de la fin du travail. Car les centaines de millions d’emplois appelés à disparaître suite à l’effondrement de l’industrie des croquants qui comptabilisait elle-même des dizaines de millions d’emplois à travers le monde, ces centaines de millions d’emplois représentaient une activité humaine colossale qui se consacrait assidûment à la ruine de l’humanité, et en les faisant disparaître, elle était gagnante sur montagne de déchetstous les tableaux. D’abord, elle mettait un arrêt à toute cette énergie humaine tournée vers sa propre dévastation. Ensuite, elle épargnait un précieux capital de ressources énergétiques et de matières premières qui partaient en fumée dans une débauche de futilité et de gaspillage. Et enfin, en évitant l’accumulation des montagnes de déchets qui en résultaient, elle économisait là aussi des ressources énergétiques et des matières premières qui étaient englouties dans la coûteuse industrie chargée de leur traitement, de même qu’elle supprimait là encore quelques millions d’emplois vivant de cette industrie. Tout cela sans parler de la renaissance de son environnement nourricier qui se voyait délesté d’une quantité astronomique de poisons sécrétés par l’ensemble de ces industries.

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5/[croquants ; culture des 4 richesses ; richesse fantasmatique]

6/[croquants ; société de la croissance ; société de la fin du travail ; économie]

7/[croquants ; misère]

8/[croquants ; attention (économie de l’)]

9/[croquants ; divertissement ; artistes corrompus ; propagande ; communication hégémonique]


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