Conscience (3)

3/[conscience ; conditionnement ; choix ; liberté]

― À chaque fois que nous reprenons contact avec l’espace du pur présent, bien qu’à l’arrière-plan nous continuons invariablement d’être forgés et encadrés par notre conditionnement, ce contact nous rappelle que nous disposons d’un pouvoir de décision suprême qui concerne une unique alternative : faire face ou se détourner. C’est le seul choix qui n’appartient qu’à nous, qui ne dépend que de nous, la seule action qu’aucun être, qu’aucune puissance ne peut exercer à notre place : l’action de faire face, de se confronter à ce qui est, ou l’action de s’en détourner, de rejeter ce qui est en quittant l’espace du présent… … Lorsque tu as été confronté à l’émergence de ton profond désir, cela s’est-il passé dans le temps ou dans le présent ?

― Dans le présent, reconnut Thomas.

― Et à partir de là, un combat n’a-t-il pas commencé à se livrer en toi entre deux désirs opposés, deux désirs incompatibles entre eux qui t’ont placé devant un choix douloureux mais crucial à faire ?… Ou n’avais-tu aucun choix ?

visage d'enfant regardant à travers une vitre qui le reflète

face à soi

― Oui, tu as raison, c’était mon combat. Il n’y a que moi qui pouvais décider d’aller à la rencontre de mon désir pour écouter ce qu’il avait à me dire, d’aller à sa rencontre ou de m’en détourner. Tout le reste est conditionné sauf ça, sauf ce pouvoir-là qui n’appartient qu’à moi… Et alors ce pouvoir, ce serait celui de ma conscience ?

― Exactement. Tu as été confronté à une décision de conscience qui ne concernait que toi, à un choix de conscience qui ne regardait que toi… S’il existait une puissance dans l’univers qui soit capable de se hisser jusqu’à notre conscience pour nous contraindre à faire face indépendamment de notre volonté, nous serions tous les jouets impuissants du destin. Mais dès lors que nous reconnaissons qu’aucune puissance, pas même la puissance universelle la plus absolue ne peut supplanter le pouvoir suprême de faire face qui n’appartient qu’à notre seule conscience, et que tous les conditionnements possibles et imaginables s’arrêtent au seuil de ce pouvoir inconditionnel qui nous est laissé, qui ou quoi serait encore en mesure de tracer notre route à notre place en nous imposant un destin que nous n’aurions pas choisi ?… … Même si Mongo possédait à lui seul toute la puissance de l’univers, comment aurait-il fait pour te voler ton choix si ni lui ni personne n’aura jamais le pouvoir de se substituer à ta conscience pour diriger ton destin ? Comment s’y serait-il pris pour te manipuler devant une décision que ne regardait que ta conscience, qui ne s’adressait qu’à ta seule conscience ?

Le bien-fondé de ses derniers arguments acheva de convaincre Thomas qui se rendit alors complètement, comme s’il venait de retrouver ses esprits :

― C’est moi qui ai décidé de partir, c’est personne d’autre… Tu as raison, je me suis égaré.

― Dans ce combat avec ta conscience qui te confrontait à l’unique alternative, enchaîna le Dicteur en lui témoignant un léger sourire de satisfaction, tu te trouvais au carrefour de deux chemins opposés : le chemin de l’inconnu ou celui du connu, le chemin de l’ouverture ou celui de la fermeture, le chemin du courage ou celui de la sécurité, le chemin de l’amour ou celui de la peur. En choisissant d’être fidèle à ton plus profond désir, tu ne pouvais que délaisser le chemin confortable qui te tendait les bras pour t’engager dans le chemin difficile de l’épreuve qui est le seul chemin qui plaît véritablement à ta conscience parce que ce n’est que dans l’épreuve qu’elle peut grandir et se révéler, et ce chemin-là est bien alors le chemin de ton don véritable, le chemin de l’offrande de oiseau se libérant de sa cagetoi-même dans le feu de l’épreuve pour servir et honorer l’amour de ta propre vie… … En prenant la décision de partir, tu t’es engagé sur le chemin de ta conscience, mais tu dois bien voir maintenant que cet engagement n’a rien de définitif, car de la même façon qu’il ne s’est pas décidé dans le temps mais dans l’instant, il ne demeure pas dans le temps mais uniquement dans l’instant. Ce qui veut dire que c’est à toi de le renouveler d’instant en instant puisque l’alternative de conscience entre les deux chemins reste en réalité constamment ouverte d’instant en instant, ce qui veut dire qu’elle te laisse libre d’expérimenter la nature des deux chemins en te permettant d’osciller constamment de l’un à l’autre tout au long de ta vie, et ce qui veut dire que loin de t’emprisonner dans un engagement définitif, cette oscillation est l’expression même de ta liberté de mouvement… Ainsi, tout en restant tributaire d’un infini conditionnement qui façonne bel et bien ta vie, son cours n’en est pas pour autant déterminé à l’avance, puisqu’au sommet de ce conditionnement se tient ta conscience qui dispose de la liberté inconditionnelle d’en inverser son sens le plus fondamental en faisant face à ce qui est ou en s’en détournant, cela soit pour t’orienter vers l’accomplissement de ton destin ou pour t’en détourner. Ainsi, loin d’être le jouet impuissant du destin tu en es au contraire le premier maître d’œuvre, puisque son cours suit les méandres de l’oscillation de l’alternative ouverte gouvernée par ta seule conscience, que c’est toi qui l’écris d’instant en instant par ce seul choix laissé à ta conscience et qui fait qu’en réalité tu es toujours libre… Oui, tu es toujours libre parce que le choix de ta conscience ne s’exerce que dans le présent et que ta vie réelle est toujours dans le présent, qu’elle ne sort jamais du présent. Tu es toujours libre parce que ta destinée t’appartient entièrement du fait même que tu es le seul à pouvoir l’accomplir. Et enfin tu es toujours libre parce que l’accomplissement de ta destinée est indissociable de l’accomplissement de ton désir le plus profond qui lui-même est indissociable de l’accomplissement de ta liberté.

© Tous droits réservés

4/[conscience ; culture des 4 richesses ; ordre de réalité ; nouveau paradigme]

5/[conscience ; ordre de réalité ; nouveau paradigme]


    Laisser un commentaire

    %d blogueurs aiment cette page :