4 – Deuxième défi : Passer de l’attention passive à l’attention active

Le premier épisode est un Cheval de Troie qui a été conçu pour entrer dans la place du divertissement efficace et addictif, ce nouvel opium du peuple, lieu d’évasion narcotique d’une réalité insatisfaisante, dans l’intention d’accrocher le lecteur avant de l’inviter à reprendre contact avec sa propre réalité par un réveil de conscience lui redonnant le pouvoir d’agir sur sa destinée. Il s’agit pour lui de passer de la facilité de l’attention passive l’entraînant sur la pente descendante de l’abaissement de son niveau de conscience, à un regain d’intérêt pour un certain effort d’attention l’entraînant sur la pente ascendante de l’élévation de sa conscience.

petite fille figée devant la télé

attention passive

Et comme le lecteur reçoit les clés de lecture lui permettant de réaliser le processus à l’œuvre dans le quatrième épisode, que c’est à ce moment que le fantastique du récit lui présente un jeu de miroir le renvoyant à sa réalité présente, à ce moment qu’il réalise que l’effort d’attention qui lui est proposé est un choix politique qui relève d’un véritable vote en faveur de la conscience dans le monde de la Communication, plutôt que d’ajouter un commentaire supplémentaire, voici un extrait qui dévoile une des clés de lecture et dont le jeu de miroir éclaire suffisamment cette intention du livre.

Texte original en italique, ajouts et séparation entre crochets.

L’attention captive est une attention passive qui ne fait que réagir à des stimuli extérieurs permanents, alors que l’attention que l’on donne en la dirigeant délibérément est une attention active dont le commandement vient de l’intérieur […] Commençons par examiner la nature exacte du combat qu’ils [les résistants : les artistes porteurs de conscience] ont à livrer dans le champ de bataille du cube qui les oppose au monde artistique corrompu. Tandis que celui-ci se charge de corrompre l’humanité en l’abaissant, l’avilissant, l’abrutissant de divertissements sans âme au service des forces d’oppression, les artistes véritables ne peuvent s’y opposer qu’avec la seule force de l’inspiration de l’art véritable[…] Nous nous trouvons donc clairement face à deux camps irréductibles qui ne peuvent que lutter l’un contre l’autre parce qu’ils vont en sens contraire l’un de l’autre, avec d’un côté des propagateurs d’un art corrompu par le pouvoir qui abaisse l’homme à son insu, et de l’autre côté une poignée de résistants intègres qui s’efforcent de relever l’homme en conscience par la seule force de l’art véritable… Mais ne nous y trompons pas! Le combat que ces derniers artistes porteurs de conscience ont à mener est un combat pour s’emparer du pouvoir, ce qui veut dire qu’ils doivent se battre eux aussi pour conquérir l’audimètre!… Ils ne peuvent donc pas uniquement compter sur l’authenticité et la beauté de leurs créations, si intenses soient-elles, pour espérer triompher, car il faut encore qu’elles soient dotées d’une réelle puissance de diffusion capable de toucher la plus vaste audience possible, et c’est bien là que se situe toute la difficulté. Comment accéder à cette puissance de diffusion sans se trahir ? Comment propulser des œuvres de conscience sur le mode du divertissement, comment les infiltrer dans la chape d’inconscience du cube par le passage obligé de l’accroche et de la jouissance immédiates sans se corrompre à son tour ? […]

C’est qu’ils doivent encore réussir à contourner les résistances de l’état d’inconscience d’un public qui va se sentir menacé par l’intrusion de la lumière de la conscience et du contact avec la réalité, ce qui requiert la capacité de concevoir des œuvres d’une grande dextérité psychologique qui vont mettre ce public en confiance, l’accompagner chaleureusement, et lui fournir un supplément de courage en lui insufflant un courant de vie qui le portera finalement à accepter ce délicat contact… Ce n’est que lorsque tous ces obstacles ont été surmontés que l’on peut considérer que leur création a atteint sa cible en devenant une arme de libération réellement efficace. En partant de la capture de l’attention passive du public pour ensuite libérer son attention en la rendant à nouveau active, condition indispensable à la reconnexion de sa réceptivité consciente, leur création peut désormais distiller des prises de conscience chez les spectateurs en levant le voile sur les manœuvres occultes des forces d’oppression, ou bien les éclairer sur eux-mêmes et les grandir en les imprégnant des valeurs de la conscience, ou bien encore élever directement leur niveau de conscience par la seule contemplation de la beauté et de l’authenticité d’une création porteuse de l’inspiration vivante qui lui a donné naissance…

1 – L’Appel de Mongo : Une arme de combat ?

2 – Le choix d’une forme classique

3 – Premier défi : Activer les archétypes dans la conscience du lecteur

5 – A propos de la scène de sexualité explicite

6 – La Révolution, c’est quoi ?